Retour à la liste des plantes

Vinca minor

Vinca minor Vinca minor Vinca minor
Vinca minor Vinca minor

Vinca minor — petite pervenche

Vivace, appartenant à la famille des Apocynacées, la petite pervenche est considérée comme indigène ou archéophyte en France et dans une grande partie de l'Europe tempérée, de la péninsule ibérique jusqu'en Russie occidentale. Sa présence spontanée dans les sous-bois calcaires est attestée de longue date, mais la distinction entre populations réellement indigènes et populations issues d'introductions anciennes liées aux jardins et aux cimetières reste difficile à établir pour beaucoup de stations, y compris en Île-de-France. Tela Botanica et les bases de données régionales la signalent comme commune dans le Val-d'Oise.

Autour de Luzarches, elle se rencontre dans les sous-bois clairs et les lisières ombragées, notamment en bordure de la forêt de Chantilly, sur les talus boisés calcaires et au pied des haies anciennes. Les photographies, montrant des individus en tapis dense sur un sol recouvert de feuilles mortes dans un contexte forestier ou de lisière, correspondent à des stations typiques de ce type de milieu. Elle est nettement plus forestière que Vinca major et supporte une ombre plus dense, occupant volontiers le sous-bois de chênaies-charmaies sur sol calcaire, milieu très représenté dans le secteur.

Comme Vinca major, elle produit deux types de tiges, les unes rampantes et s'enracinant aux nœuds, les autres dressées et florifères, mais l'ensemble reste beaucoup plus bas et plus serré, formant un tapis dense ne dépassant guère quinze à vingt centimètres de hauteur. Les feuilles sont opposées, elliptiques à lancéolées, coriaces, d'un vert sombre et luisant, à bord entier et lisse, sans cils. C'est le critère le plus simple pour la distinguer de Vinca major sur le terrain, la marge des feuilles de cette dernière étant nettement ciliée. La taille des feuilles est également plus petite et leur forme plus étroite et plus allongée, ce que les photographies illustrent bien en comparaison avec les clichés de Vinca major présentés précédemment.

Les fleurs sont solitaires, portées sur de courts pédoncules axillaires. Elles sont sensiblement plus petites que celles de Vinca major, atteignant deux à trois centimètres de diamètre. La corolle à cinq pétales est d'un bleu-violet assez franc, souvent plus soutenu et moins lilas que chez Vinca major, avec les pétales tronqués obliquement à leur sommet comme chez cette dernière. Le centre est blanchâtre, avec le stigmate grisâtre bien visible. Les sépales sont courts, glabres ou presque, sans les longs cils caractéristiques de Vinca major. Les photographies rapprochées montrent bien la teinte bleue plus pure de la corolle et l'absence de la forte décroissance de couleur du bord vers le centre que l'on observe chez la grande pervenche.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mars à mai dans les stations de plaine de la région parisienne, ce qui en fait l'une des premières plantes à fleurir sous les arbres au début du printemps, souvent avant le débourrement complet des arbres.

La petite pervenche occupait une place bien établie dans la tradition médicinale européenne. Elle était employée en usage interne sous forme de décoction pour calmer les saignements, notamment les règles abondantes, et en usage externe pour soigner les plaies et les aphtes. Les herboristes lui reconnaissaient des vertus astringentes et cicatrisantes transmises de génération en génération. Plante toxique à doses élevées, elle était maniée avec précaution par ceux qui la connaissaient. Au Moyen Âge, elle était aussi associée à des usages magiques et protecteurs, tressée en couronnes ou placée sur les seuils, usage mentionné dans plusieurs sources médiévales européennes.