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Veronica persica

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Veronica persica — véronique de Perse

Annuelle, appartenant à la famille des Plantaginacées (anciennement Scrophulariacées), la véronique de Perse est une plante d'introduction relativement récente en Europe. Originaire d'Asie occidentale et du Caucase, elle s'est répandue à partir du début du XIXe siècle sur l'ensemble du continent, profitant des mouvements de semences agricoles. Elle est aujourd'hui l'une des véroniques les plus communes en France, présente dans presque tous les départements.

Aux alentours de Luzarches, elle colonise les milieux ouverts et remaniés, les bords de cultures, les potagers abandonnés ou en activité, les chemins empierrés, les pieds de murs et les jardins. Elle est signalée dans l'ensemble du Val-d'Oise et de la région parisienne, où elle figure régulièrement dans les relevés de Florif Île-de-France. Elle affectionne les sols meubles et frais, légèrement enrichis, et peut apparaître en lisière des champs céréaliers qui bordent les plateaux autour de Luzarches, aussi bien que dans les fossés et les terrains vagues des villages.

La plante forme des touffes basses et étalées, rarement dressées, qui rampent sur le sol avant de redresser légèrement leurs tiges. Elle dépasse rarement quinze à vingt centimètres de hauteur. Ses feuilles, opposées à la base puis alternes vers le sommet des tiges, sont ovales à arrondies, nettement dentées, recouvertes de poils mous qui leur donnent un aspect légèrement velouté au toucher. Toute la plante est d'ailleurs velue, ce qui la distingue d'emblée de plusieurs autres véroniques à petites fleurs.

Les fleurs sont le trait le plus saisissant de l'espèce, et franchement disproportionnées par rapport à la modestie générale de la plante. Elles mesurent de huit à douze millimètres de diamètre, ce qui en fait la plus grande fleur parmi les véroniques communes des milieux cultivés. Leur corolle, formée de quatre pétales soudés à la base, est d'un bleu azuré intense, veinée de stries plus sombres, avec le pétale inférieur souvent plus pâle, presque blanc. Deux étamines bien visibles surmontent le centre de la fleur. Les fleurs sont solitaires à l'aisselle de feuilles transformées en bractées, portées sur de longs pédoncules grêles qui se recourbent à maturité.

Les fruits sont caractéristiques et permettent une identification sûre même en l'absence de fleurs. La capsule, profondément échancrée en deux lobes divergents, forme un cœur aplati et largement ouvert au sommet, nettement plus large que haute, couverte de poils glanduleux. Cette silhouette en cœur renversé est unique parmi les véroniques et suffit à reconnaître l'espèce à coup sûr.

Dans la nature, sa floraison s'étend de février à novembre, avec une intensité maximale au printemps et en automne. Elle peut fleurir même en hiver lors des redoux, ce qui en fait l'une des toutes premières plantes à offrir des fleurs bleues dès les premiers jours de chaleur en fin de saison froide.

Cette précocité n'est pas sans importance écologique. Ses fleurs de fin d'hiver constituent une source de nectar accessible aux premières abeilles solitaires et aux bourdons qui émergent avant même que la plupart des plantes sauvages ne soient en état de fleurir. Dans les campagnes, elle a longtemps été considérée comme une mauvaise herbe tenace des jardins et des cultures, mais elle ne produit pas d'allélopathie notable et cède facilement sous la binette. Ses graines sont dispersées par les fourmis, qui en apprécient un appendice huileux nommé élaiosome, phénomène de myrmécochorie bien documenté chez plusieurs véroniques.

Aucun usage médicinal ou alimentaire traditionnel solide n'est rattaché spécifiquement à Veronica persica dans les sources françaises consultées, ce qui s'explique sans doute par son installation tardive sur le continent. En revanche, les véroniques en général ont occupé une place dans la pharmacopée populaire européenne, notamment pour les affections respiratoires et cutanées, usage attesté depuis le Moyen Âge pour des espèces indigènes comme Veronica officinalis.