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Veronica beccabunga

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Veronica beccabunga Veronica beccabunga

Veronica beccabunga — véronique des ruisseaux, beccabunga

Vivace, appartenant à la famille des Plantaginacées, la véronique des ruisseaux est une plante aquatique et semi-aquatique indigène, présente dans toute l'Europe tempérée et dans la quasi-totalité de la France. Elle est l'une des véroniques les plus liées à l'eau courante et figure régulièrement dans les inventaires de zones humides de la région parisienne et du Val-d'Oise.

Autour de Luzarches, c'est avant tout une plante de l'Ysieux et de ses berges, des fossés à eau courante, des suintements en lisière de bois et des sources qui alimentent les fonds de vallée. Les photographies montrent clairement son port en touffe étalée sur sol détrempé ou à demi immergée en bordure d'un cours d'eau peu profond, mêlée à des graminées et à d'autres plantes hygrophiles. Ce type de station est parfaitement représenté dans la vallée de l'Ysieux et ses abords marécageux. Elle peut former des tapis denses au ras de l'eau, les tiges basses s'enracinant aux nœuds au contact du substrat humide.

Le port est rampant à ascendant, les tiges charnues et creuses atteignant vingt à soixante centimètres selon les conditions, souvent couchées dans l'eau avant de redresser leurs extrémités. Les tiges sont glabres ou très peu poilues, ce qui contraste avec les espèces terrestres du genre, et présentent fréquemment une teinte rougeâtre à violacée bien visible sur les photographies, notamment aux entre-nœuds. Les feuilles sont opposées, ovales à elliptiques, épaisses et un peu charnues, d'un vert franc et luisant, à bord crénelé-denté mais sans dents très profondes. Elles sont sessiles ou très brièvement pétiolées, à base arrondie ou légèrement cordée. Cette texture épaisse et ce galbe régulier des feuilles donnent à la plante une allure nette et presque soignée dans le désordre végétal des berges.

Les fleurs sont regroupées en grappes axillaires assez lâches, naissant à l'aisselle des feuilles médianes et supérieures. Chaque fleur est petite, de cinq à huit millimètres de diamètre environ, d'un bleu lilas à bleu assez vif, avec les stries violacées habituelles au genre et le lobe inférieur souvent plus pâle. Les deux étamines sont saillantes. Les grappes comportent généralement une dizaine de fleurs s'ouvrant progressivement de la base vers le sommet, portées sur des pédoncules plus longs que les bractées lancéolées qui les accompagnent. Les fleurs sont discrètes à distance, et c'est souvent le feuillage luisant qui attire l'œil en premier, avant que l'on remarque les petits bouquets bleus dispersés dans la touffe.

Les fruits sont des capsules arrondies, légèrement échancrées, glabres, plus petites que chez les espèces terrestres.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à août, parfois jusqu'en septembre dans les stations fraîches et ombragées des berges boisées.

Le nom de beccabunga est d'origine incertaine, probablement issu du néerlandais ou du bas-allemand ancien, et désignait déjà cette plante dans les herbiers flamands du XVIe siècle. Elle était alors consommée comme plante alimentaire, ses jeunes feuilles crues ou légèrement blanchies étant utilisées en salade ou comme condiment, à la manière du cresson. Cet usage est attesté dans plusieurs régions d'Europe du Nord et dans des sources françaises anciennes. On lui prêtait également des vertus dépuratives et antiscorbutiques, et elle figurait dans des préparations destinées aux affections cutanées chroniques et aux troubles digestifs. Ces usages sont mentionnés notamment chez Matthiole et dans plusieurs herbiers des XVIe et XVIIe siècles. La ressemblance avec le cresson de fontaine, avec lequel elle pousse souvent, a sans doute favorisé cette assimilation dans les pratiques populaires.

Sur le plan écologique, la véronique des ruisseaux est considérée comme une bonne indicatrice de la qualité des eaux courantes peu profondes. Sa présence sur les berges de l'Ysieux témoigne du maintien de conditions suffisamment fraîches et peu perturbées dans ces secteurs de fond de vallée, qui constituent un patrimoine naturel discret mais réel aux portes de la région parisienne.