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Valeriana officinalis

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Valeriana officinalis — valériane officinale, herbe aux chats

Vivace, appartenant à la famille des Valérianacées, la valériane officinale est répandue dans toute l'Europe tempérée, des plaines jusqu'aux étages montagnards. Elle est présente dans la quasi-totalité de la France et bien représentée en Île-de-France, où elle est signalée régulièrement dans les relevés de Florif. Il convient de noter que le groupe Valeriana officinalis recouvre en réalité un complexe d'espèces et de sous-espèces dont la délimitation fait encore l'objet de discussions entre botanistes, notamment entre les formes des milieux humides et celles des stations plus sèches. Les photographies ici correspondent à une forme de milieu humide et forestier, à folioles larges, qui correspond bien aux populations observables dans les zones alluviales et les bois frais de la région.

Autour de Luzarches, la valériane se rencontre dans les milieux humides et ombragés ou semi-ombragés. Les aulnaies et les bois alluviaux longeant l'Ysieux, les lisières humides en bordure de la forêt de Chantilly, les fossés ombragés et les mégaphorbiaies des fonds de vallée sont les stations les plus propices. Les photographies montrent clairement des individus poussant dans un bois humide, au sol sombre et engorgé, avec un sous-bois dense, ce qui est tout à fait caractéristique des aulnaies-frênaies ou des bois marécageux que l'on rencontre dans les vallées de cette partie du Val-d'Oise.

La taille est l'un des premiers traits qui retient l'attention. Les tiges dressées, robustes, creuses, nettement sillonnées, peuvent dépasser un mètre vingt à un mètre cinquante dans les stations favorables, ce que les photographies confirment bien, les hampes florales s'élevant au-dessus d'un tapis dense de feuilles basales. La tige est glabre ou presque, verte, et porte des feuilles opposées disposées par paires à intervalles réguliers le long de son axe.

Les feuilles sont toutes pennatiséquées, découpées en folioles lancéolées à ovales-lancéolées, dentées sur les bords, dont le nombre varie de cinq à onze paires selon la position sur la plante et la forme considérée. Les feuilles basales, portées sur de longs pétioles, sont plus grandes et plus larges que les feuilles caulinaires, qui deviennent sessiles et embrassantes vers le haut de la tige. La nervation est bien marquée, donnant aux folioles un aspect légèrement gaufrée visible sur les photographies de détail. L'ensemble du feuillage est d'un vert franc et vigoureux, formant au sol, avant la montaison, des rosettes denses qui peuvent couvrir de larges surfaces dans les stations favorables.

Les fleurs sont réunies en corymbes denses et arrondis au sommet des tiges et des rameaux, formant des bouquets aplatis très caractéristiques. Chaque fleur est minuscule, à corolle tubuleuse en entonnoir terminée par cinq lobes étalés, blanche à légèrement rosée, avec trois étamines saillantes. Les boutons encore fermés sont souvent plus rosés que les fleurs épanouies, ce qui donne aux corymbes une teinte bicolore délicate bien visible sur les photographies. Le parfum est doux et légèrement sucré sur la fleur, sans rapport avec l'odeur forte et désagréable que développe la racine une fois séchée.

Les fruits sont de petits akènes surmontés d'un pappus plumeux qui se déploie à maturité en étoile et assure la dispersion par le vent.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juillet, avec un pic en juin dans les stations de plaine de la région parisienne.

C'est la racine, et non la partie aérienne, qui concentre l'essentiel de l'histoire humaine de cette plante. Récoltée en automne ou au début du printemps, séchée, elle dégage une odeur forte et pénétrante, que beaucoup trouvent repoussante et que les chats au contraire recherchent avec insistance, d'où le nom populaire d'herbe aux chats. Cet attrait des félins pour la valériane est attesté depuis l'Antiquité et a été observé de manière constante à travers les siècles dans toute l'Europe.

La valériane figure parmi les plantes médicinales les mieux documentées de la tradition européenne. Son usage contre les troubles du sommeil, l'agitation nerveuse et les états d'anxiété est attesté depuis au moins le Moyen Âge, et Hildegarde de Bingen en mentionne l'emploi au XIIe siècle. Elle était prescrite sous forme de décoction ou de poudre de racine dans les insomnies, les palpitations, les crampes et les maux de tête d'origine nerveuse. Ces usages ont traversé les siècles sans discontinuité et sont restés vivants dans la médecine populaire française jusqu'au XXe siècle, bien documentés dans les enquêtes ethnobotaniques régionales. La racine était aussi parfois utilisée comme épice ou condiment dans certaines cuisines d'Europe du Nord au Moyen Âge, usage qui a depuis disparu.

Sur le plan écologique, les grands corymbes de valériane sont fréquentés par une grande diversité d'insectes, notamment des diptères, des coléoptères et des petites abeilles solitaires qui trouvent dans les fleurs tubuleuses courtes un nectar accessible. La plante contribue ainsi à la richesse entomologique des lisières humides et des mégaphorbiaies, milieux qui font partie des habitats les plus diversifiés des fonds de vallée autour de Luzarches.