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Valeriana dioica

Valeriana dioica Valeriana dioica
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Valeriana dioica

Valeriana dioica — valériane dioïque, petite valériane

Vivace, appartenant à la famille des Valérianacées, la valériane dioïque est une espèce indigène d'Europe tempérée, présente du nord de la péninsule ibérique jusqu'en Scandinavie méridionale. En France, elle est distribuée sur une grande partie du territoire, mais avec une tendance à se raréfier vers le sud et dans les régions à sols secs. En Île-de-France, elle est signalée dans les zones humides de plaine, bien que les données de Florif indiquent une présence localisée et dépendante du maintien de prairies humides non drainées. La dernière vue d'ensemble de la prairie dans les photographies, avec la présence associée de renoncules, de joncs et de ce qui ressemble à de la silène fleur-de-coucou, correspond parfaitement à ce type de milieu.

Autour de Luzarches, la valériane dioïque est une plante des prairies humides et des bas-marais, milieux qui subsistent dans les fonds de la vallée de l'Ysieux et de ses affluents. Les prairies à joncs et graminées hygrophiles, les bords de fossés en terrain calcaire engorgé, les zones de suintement en lisière de bois constituent ses stations de prédilection. C'est une plante discrète que l'on ne remarque guère avant sa floraison, noyée dans le tapis herbacé dense de ces milieux.

La taille est modeste, rarement plus de trente à cinquante centimètres en fleurs, ce qui la distingue immédiatement de Valeriana officinalis avec laquelle elle peut coexister dans certaines stations. Les tiges sont grêles, dressées, peu ramifiées, souvent teintées de rouge violacé à la base, comme le montrent clairement plusieurs des photographies. Cette coloration rouge des entre-nœuds inférieurs est un bon repère sur le terrain.

Le caractère le plus utile pour l'identifier avant même d'examiner les fleurs réside dans la différence marquée entre les feuilles basales et les feuilles caulinaires. Les feuilles de la rosette sont simples, entières ou très légèrement dentées, ovales à spatulées, portées sur un long pétiole, d'un vert tendre. Les feuilles caulinaires, en revanche, sont pennatiséquées, découpées en folioles lancéolées étroites, et rappellent alors davantage le feuillage de la grande valériane, bien qu'en nettement plus petit. Cette discontinuité de forme entre le bas et le haut de la même plante est frappante et caractéristique. Les photographies de détail du feuillage illustrent bien cette opposition.

L'espèce est dioïque, ce que son nom indique sans ambiguïté. Les pieds mâles et les pieds femelles sont distincts, et leurs inflorescences diffèrent légèrement. Les fleurs mâles sont un peu plus grandes, à trois étamines bien visibles et saillantes. Les fleurs femelles sont plus petites, à ovaire infère bien développé, et donnent des akènes surmontés d'un pappus plumeux à maturité. Dans les deux cas, les fleurs sont blanc rosé à blanc pur, réunies en corymbes assez lâches et aérés, bien différents des bouquets denses et compacts de la grande valériane. Les photographies montrent bien cette légèreté de l'inflorescence, avec des rameaux fins qui s'écartent en donnant à l'ensemble un aspect presque vaporeux au-dessus de l'herbe.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juin, un peu avant le plein développement de la grande valériane dans les stations où les deux espèces cohabitent.

La prairie humide de la dernière photographie, avec sa flore associée variée, rappelle le type de milieu qui se maintient dans quelques secteurs de la vallée de l'Ysieux et de ses abords. Ces prairies hygrophiles non drainées et fauchées tardivement sont parmi les habitats les plus menacés de la région parisienne, et la présence de la valériane dioïque y est un indicateur de leur ancienneté et de leur relative intégrité écologique. La régression de ces milieux au profit du drainage agricole ou de la populiculture a entraîné la disparition de l'espèce de nombreuses localités franciliennes où elle était autrefois notée.

Aucun usage médicinal ou alimentaire traditionnel spécifique à Valeriana dioica n'est documenté de manière solide dans les sources françaises consultées. Sa petite taille et la faiblesse de sa racine, comparées à celles de la grande valériane, ont probablement conduit les herboristes à lui préférer cette dernière pour les usages thérapeutiques liés au genre.