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Tripleurospermum inodorum

Tripleurospermum inodorum Tripleurospermum inodorum Tripleurospermum inodorum Tripleurospermum inodorum
Tripleurospermum inodorum Tripleurospermum inodorum
Tripleurospermum inodorum

Tripleurospermum inodorum — matricaire inodore, fausse camomille

Annuelle ou bisannuelle selon les conditions, la matricaire inodore appartient à la famille des Astéracées. Elle est répandue dans toute l'Europe, de la Scandinavie au pourtour méditerranéen, et présente sur l'ensemble du territoire français. C'est une plante des milieux perturbés et des sols remaniés, particulièrement abondante dans les régions agricoles du nord de la France et du Bassin parisien, où elle figure parmi les messicoles et rudérales les plus communes.

Aux alentours de Luzarches, elle est observable le long des chemins empierrés, en bordure de cultures, sur les talus caillouteux et les terrains vagues. Les photographies la montrent sur un substrat très minéral, couvert de graviers calcaires blanchâtres, milieu qu'elle affectionne particulièrement. Elle supporte bien le piétinement léger et les sols compactés, et s'installe volontiers là où la végétation est discontinue et concurrencée par le minéral.

La plante forme des touffes ramifiées dès la base, à tiges dressées ou légèrement étalées, pouvant atteindre quarante à soixante centimètres en conditions favorables. Les tiges sont vertes, parfois teintées de rouge à la base, comme on le voit nettement sur plusieurs clichés. Le feuillage est très finement découpé en segments linéaires et mous, d'un vert clair, donnant à la plante un aspect vaporeux, presque plumeux, bien visible sur la photographie prise au stade végétatif. C'est ce feuillage qui permet de reconnaître la plante avant même l'apparition des fleurs, à condition de ne pas le confondre avec celui de la camomille allemande, très semblable.

Les capitules sont solitaires au sommet de chaque rameau, portés par un pédoncule souvent allongé. Ils réunissent une couronne de ligules blanches, au nombre d'une vingtaine environ, entourant un disque jaune d'or franchement bombé, hémisphérique et nettement convexe, presque en dôme à maturité. Le gros plan sur un capitule isolé montre très bien cette convexité du disque, l'un des critères les plus fiables pour orienter la détermination. Si l'on coupe le réceptacle en deux dans le sens de la longueur, il apparaît plein et charnu, sans cavité interne, ce qui le distingue de Matricaria chamomilla dont le réceptacle est creux. Les ligules, bien étalées à l'horizontale au stade adulte, ont tendance à se rabattre vers le bas en vieillissant, ce que l'on observe sur certains capitules des photographies d'ensemble.

Le critère le plus immédiat sur le terrain reste olfactif. Lorsqu'on froisse une feuille ou une tige entre les doigts, la plante ne dégage pratiquement aucune odeur, ou une odeur très faible et peu caractérisée. C'est cette absence qui lui vaut son épithète inodorum, et qui permet de la séparer en quelques secondes de la camomille allemande, fortement aromatique, ou de la camomille romaine, dont le parfum est encore plus prononcé.

Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à octobre, parfois jusqu'aux premières gelées.

La confusion avec les camomilles médicinales a une histoire longue. Pendant des siècles, les plantes à capitules blancs et jaunes ont circulé sous des noms vernaculaires communs sans distinction rigoureuse. La matricaire inodore a ainsi pu être récoltée à la place d'espèces aromatiques avec lesquelles elle partage l'allure générale. Cette ressemblance a conduit les botanistes anciens à multiplier les descriptions et les synonymes, contribuant à une instabilité nomenclaturale dont témoigne encore la diversité des noms sous lesquels cette plante a été référencée dans la littérature botanique européenne, notamment sous les genres Matricaria et Chamomilla avant sa classification actuelle.