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Thymus serpyllum ou Thymus praecox

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Thymus

Thymus serpyllum ou Thymus praecox — serpolet

Une précision s'impose d'emblée sur la détermination. Les photographies montrent un thym sauvage rampant à très petites feuilles ovales, sur sol calcaire caillouteux, correspondant au port général des serpolets. En Île-de-France, deux espèces sont principalement concernées dans ce type de milieu : Thymus serpyllum au sens strict, dont l'aire principale est plus septentrionale et orientale, et Thymus praecox, plus répandu sur les pelouses calcaires du Bassin parisien. La distinction entre ces deux taxons, ainsi qu'avec d'éventuels hybrides, nécessite un examen minutieux de la pilosité des tiges, caractère difficilement appréciable sur photographie. La mention Thymus sp. serait la plus rigoureuse en l'absence d'observation directe, mais le terme serpolet recouvre bien ce que ces images montrent.

Ce sont des sous-arbrisseaux vivaces de la famille des Lamiacées, présents dans toute l'Europe tempérée sur les substrats bien drainés et ensoleillés. En France, ils sont particulièrement bien représentés sur les plateaux et coteaux calcaires du nord du pays.

Aux alentours de Luzarches, le serpolet est une plante caractéristique des coteaux calcaires exposés au sud, des pelouses rases sur craie ou sur calcaire affleurant, et des bords de chemins caillouteux en terrain découvert. Les photographies semblent prises sur ce type de milieu, avec des blocs de calcaire blanc bien visibles et une végétation basse et ouverte typique des pelouses sèches. Ces habitats, qui peuvent s'observer sur les versants exposés aux abords du plateau de France et dans les environs de la forêt de Chantilly, sont parmi les plus riches en plantes spécialisées de toute la région.

Le port est entièrement couché ou rampant, les tiges ligneuses à la base s'étalant sur le sol en nattes denses pouvant couvrir plusieurs dizaines de centimètres carrés. Les tiges florales se redressent légèrement mais dépassent rarement cinq à dix centimètres. Les feuilles sont très petites, ovales à elliptiques, épaisses, à bords entiers, portant des glandes aromatiques visibles par transparence en pleine lumière. Les tiges présentent une pilosité dont la disposition, sur deux faces opposées ou sur toute la surface, est précisément le critère permettant de séparer les espèces entre elles. Les fleurs, roses à pourpres, sont groupées en petits verticilles serrés au sommet des rameaux dressés, formant des têtes compactes très visitées par les pollinisateurs. Les calices persistants après la floraison, visibles sur plusieurs des photographies sous forme de petites structures brunâtres à dents ciliées bien marquées, restent accrochés longtemps sur les tiges sèches et constituent un bon indice de reconnaissance en dehors de la période de floraison.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à août selon l'altitude et l'exposition.

Le froissement d'une feuille entre les doigts libère immédiatement un parfum puissant et chaud, bien différent du thym cultivé des jardins qui est Thymus vulgaris, espèce méditerranéenne. Le serpolet a été utilisé dans les mêmes registres que son cousin méridional, comme aromate en cuisine rurale et comme plante des voies respiratoires dans la tradition herboriste. Il était récolté sur les pelouses sèches par les campagnards du nord de la France pour parfumer tisanes et bouillons, et sa réputation d'antispasmodique et de remède contre la toux est attestée dans la littérature herboriste ancienne, notamment chez Cazin. Dans certaines régions, on le disposait en bouquets séchés dans les armoires pour ses propriétés supposées contre les mites.

Sur le plan écologique, les pelouses à serpolet constituent des habitats d'une grande richesse entomologique. Le serpolet attire une diversité remarquable d'abeilles sauvages solitaires, dont certaines sont étroitement liées à cette plante pour la récolte du pollen. Ces milieux ouverts calcaires, menacés par l'embroussaillement dès que le pâturage ou la fauche cessent, méritent une attention particulière dans le contexte de la conservation des pelouses sèches d'Île-de-France.