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Symphytum officinalis

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Merci pour ces deux informations. Je les intègre dans une version enrichie.

Symphytum officinale L. — consoude officinale, grande consoude

Vivace robuste de la famille des Boraginacées, la consoude officinale est indigène dans une grande partie de l'Europe, de la façade atlantique jusqu'à la Sibérie occidentale. Elle est commune dans toute la France, particulièrement abondante dans les régions à pluviométrie suffisante et aux sols lourds et frais. En Île-de-France, elle figure parmi les grandes herbacées les plus facilement observables dès que le sol est humide.

Autour de Luzarches, la consoude est une fidèle des bords de l'Ysieux et de ses affluents, des fossés longeant les chemins agricoles, des mégaphorbiaies et des ourlets humides en lisière des bois. Elle s'installe volontiers sur les berges piétinées, les bords de mares et les zones de suintement, partout où l'eau stagne ou circule lentement.

Le port est massif et immédiatement impressionnant. Les tiges dressées, épaisses, ailées dans leur partie supérieure du fait du décurrent des feuilles, atteignent couramment cinquante à cent vingt centimètres. Toute la plante est couverte de poils raides et piquants qui la rendent âpre au toucher, une sensation presque désagréable que l'on reconnaît aussitôt. Les feuilles basales sont grandes, lancéolées à ovales-lancéolées, à nervures très marquées et à limbe fortement bullé, vert sombre. Un détail décisif sur le terrain est ce décurrent caractéristique des feuilles caulinaires, dont la base se prolonge le long de la tige en formant deux ailes saillantes bien visibles, ce qui donne à la tige un aspect anguleux très particulier. Cette seule observation permet d'éviter toute confusion avec d'autres grandes herbacées des milieux humides.

Les fleurs sont regroupées en cymes scorpioïdes enroulées en crosse à l'état de bouton, qui se déroulent progressivement à mesure que les fleurs s'ouvrent, selon le schéma typique des Boraginacées. La corolle est tubuleuse en clochette allongée, à cinq dents courtes et recourbées vers l'extérieur. Sa couleur est très variable, et c'est là l'un des aspects les plus déroutants de l'espèce pour le débutant. On trouve sur une même population des fleurs blanc crème, blanc verdâtre, rose saumoné, lilas pâle, violet franc ou pourpre. Cette variation de couleur au sein d'une même espèce est bien documentée et ne correspond pas à des taxons distincts dans le cas de Symphytum officinale tel qu'il est compris en Île-de-France, même si la taxonomie du genre Symphytum est réputée complexe à l'échelle européenne.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juillet, avec des individus attardés jusqu'en août selon l'humidité du site.

Les fleurs tubuleuses de la consoude sont une ressource très fréquentée par les bourdons, qui y trouvent un nectar abondant. On les observe régulièrement suspendus aux clochettes, parfois plusieurs individus sur un même pied en fleur. Certains bourdons à langue courte, incapables d'atteindre le nectar par l'entrée normale de la fleur, percent la base du tube d'un trou qu'ils utilisent ensuite comme raccourci, un comportement de pillage bien connu des observateurs attentifs. D'autres insectes profitent ensuite de ces ouvertures sans participer à la pollinisation.

La racine est épaisse, charnue, noirâtre à l'extérieur et blanchâtre à l'intérieur, très mucilagineuse lorsqu'on la coupe. C'est elle qui concentrait l'essentiel des usages thérapeutiques traditionnels. La consoude était l'une des plantes les plus réputées de la médecine populaire européenne pour accélérer la consolidation des fractures et des entorses, d'où son nom, directement issu du latin consolidare. Des cataplasmes de racine fraîche râpée ou de feuilles étaient appliqués sur les membres blessés, les contusions et les plaies. Cette réputation traversait les siècles et les frontières, des herboristes grecs aux guérisseurs ruraux du dix-neuvième siècle, et la plante figure dans la plupart des herbiers anciens avec une constance remarquable.

Dans les jardins, les grandes feuilles de consoude servent depuis longtemps à préparer un purin par macération dans l'eau, utilisé comme fertilisant sur les plantes à fleurs et les arbres fruitiers. Ce purin, réputé favoriser la floraison et la fructification, est encore préparé et employé par de nombreux jardiniers soucieux de pratiques naturelles. Comme pour le purin d'ortie, cet usage transmis de génération en génération repose sur une observation empirique des effets de la plante sur la végétation cultivée, bien ancrée dans la tradition des jardins paysans français.

La question de la consommation interne de la consoude mérite d'être posée clairement. La plante contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques, présents surtout dans la racine mais aussi dans les feuilles à des teneurs moindres. Un usage alimentaire occasionnel de feuilles jeunes cuisinées relève d'une tradition ancienne bien attestée dans plusieurs régions d'Europe. En revanche, la prise régulière et prolongée de préparations à base de racine, sous forme de tisanes ou d'extraits, a été associée à des atteintes hépatiques documentées, ce qui a conduit plusieurs pays européens à encadrer ou interdire ce type de préparations. L'usage externe traditionnel, cataplasmes et applications locales, n'est pas concerné par cette mise en garde.