Symphoricarpos albus (L.) S.F.Blake — symphorine blanche, boule-de-neige
Arbuste de la famille des Caprifoliacées, la symphorine blanche est originaire d'Amérique du Nord. Introduite en Europe comme plante ornementale et de haies dès le début du dix-neuvième siècle, elle s'est naturalisée très largement en France et dans une grande partie de l'Europe tempérée. Elle est aujourd'hui considérée comme une espèce exotique envahissante dans certains contextes, capable de former des fourrés denses par drageonnage intense.
Aux alentours de Luzarches, elle se rencontre fréquemment en lisière des bois, le long des chemins, dans les talus et les haies, ainsi qu'à proximité des habitations et des anciens jardins dont elle s'échappe facilement. Sa présence en milieu semi-naturel est banale dans tout le secteur nord de la région parisienne. Elle n'est pas une plante des milieux ouverts et ensoleillés, mais elle tolère une ombre assez dense, ce qui lui permet de coloniser les sous-bois clairs et les bords boisés.
L'arbuste est caduc, à rameaux grêles et arqués, d'un brun rougeâtre caractéristique, formant des touffes denses de un à deux mètres de hauteur. Les feuilles sont ovales, entières ou parfois légèrement lobées sur les rameaux vigoureux, d'un vert bleuté assez particulier, glauques en dessous. Elles tombent sans coloration automnale notable.
Les fleurs sont petites, en clochettes rosées à blanc rosé, regroupées en courtes grappes aux aisselles des feuilles. Elles passent facilement inaperçues. Les fruits en revanche sont immédiatement reconnaissables, de grosses baies parfaitement sphériques, blanc pur, d'un centimètre à un centimètre et demi de diamètre, groupées en grappes serrées et persistant longtemps sur les rameaux nus après la chute des feuilles. C'est en hiver que la plante est la plus visible et la plus frappante dans le paysage.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à septembre, et les fruits mûrs sont présents dès l'automne, tenant souvent jusqu'en janvier ou février.
Ces baies blanches sont toxiques pour l'homme et ne doivent pas être consommées. Leur apparence attrayante les rend potentiellement dangereuses pour les enfants. Elles sont en revanche consommées par certains oiseaux, notamment les grives, qui contribuent à disséminer les graines et participent ainsi à la naturalisation progressive de l'espèce hors des jardins. Ce mécanisme de dispersion explique en partie pourquoi la symphorine se retrouve aujourd'hui dans des boisements éloignés de toute plantation ancienne.
La plante a été utilisée en Amérique du Nord par plusieurs peuples autochtones, notamment pour des usages liés aux soins de la peau et comme purgatif, avec des préparations à base d'écorce ou de racine. Ces savoirs traditionnels sont bien documentés dans la littérature ethnobotanique nord-américaine, même si la plante n'a pas développé d'usage populaire comparable en Europe, où son ancienneté d'implantation reste trop récente.