Stellaria aff. media — proche du mouron des oiseaux, genre Stellaria, famille des Caryophyllacées
Annuelle ou hivernante, présente dans toute l'Europe et dans l'ensemble de la France. Le genre Stellaria compte en Île-de-France plusieurs espèces voisines, parfois difficiles à distinguer sans examen attentif de détails fins. Les photographies présentées ici montrent une plante dont le port, le feuillage et les petites fleurs blanches évoquent clairement ce groupe, sans permettre une attribution spécifique certaine. Les fleurs paraissent particulièrement réduites, ce qui peut orienter vers Stellaria pallida ou une autre espèce proche plutôt que vers Stellaria media au sens strict, dont les fleurs sont généralement un peu plus visibles. La détermination précise nécessiterait l'observation du nombre d'étamines, de la taille des pétales par rapport aux sépales, et de la ligne de poils caractéristique sur la tige.
Autour de Luzarches, les stellaires de ce type sont communes dans les jardins, les bords de cultures, les chemins et les sols remués et frais. Elles forment volontiers des tapis denses et continus dès la fin de l'hiver, parfois en plein janvier lors des hivers doux, comme ces photographies semblent l'illustrer avec leurs coussins verts serrés parsemés de minuscules points blancs.
Le port est rampant à légèrement ascendant, les tiges sont grêles et fragiles. Les feuilles sont ovales, entières, d'un vert tendre et luisant, les inférieures brièvement pétiolées, les supérieures sessiles. Les fleurs sont blanches, à cinq pétales si profondément échancrés qu'ils paraissent au premier regard être dix. Les sépales verts et bien développés dépassent nettement les pétales en longueur, ce qui contribue à donner aux fleurs un aspect encore plus menu. Sur Stellaria media, la tige porte une ligne de poils disposée sur un seul côté entre chaque paire de nœuds, alternant de direction à chaque nœud, caractère accessible à l'œil nu avec un peu d'attention et précieux pour la reconnaissance sur le terrain.
Dans la nature, la floraison de ces stellaires s'étend de janvier à décembre dans les années favorables, avec un maximum au printemps et en automne. Leur précocité hivernale est l'un de leurs traits les plus remarquables.
Le nom de mouron des oiseaux, attaché depuis longtemps à Stellaria media, rappelle l'usage traditionnel qui consistait à offrir ces tiges fleuries aux oiseaux en cage, pratique courante dans toute l'Europe rurale et attestée dans de nombreux écrits anciens. Les jeunes pousses étaient aussi récoltées au printemps pour être consommées en salade ou légèrement cuites, appréciées pour leur disponibilité à une saison où les jardins offraient encore peu. Bonnier les mentionne parmi les plantes alimentaires des campagnes françaises.
Une confusion est possible avec d'autres petites Caryophyllacées rampantes fréquentes en Île-de-France, notamment Myosoton aquaticum dans les milieux plus humides comme les bords de l'Ysieux, ou encore Cerastium dont les espèces présentent un feuillage souvent plus poilu et des capsules allongées caractéristiques à maturité.