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Sonchus asper

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Sonchus asper

Sonchus asper — laiteron rude, laiteron épineux

Annuelle de la famille des Astéracées, présente dans toute l'Europe et dans la totalité de la France. C'est l'une des adventices les plus communes des milieux cultivés et perturbés, compagne habituelle des champs, des jardins et des bords de chemins dans toute la région parisienne.

Autour de Luzarches, elle colonise les bords de cultures, les talus, les friches, les décombres et les abords des chemins agricoles. Elle pousse sur des sols variés, souvent riches en azote, bien exposés, et supporte des conditions assez sèches en été. Sa présence est banale mais sa floraison prolongée en fait une ressource régulière pour les insectes pollinisateurs jusqu'en automne avancé.

La plante est dressée, pouvant atteindre trente à quatre-vingts centimètres, avec une tige creuse qui exsude un latex blanc laiteux lorsqu'on la brise, trait commun à tous les laiterons. Le feuillage est l'élément le plus immédiatement reconnaissable. Les feuilles sont profondément découpées, à lobes irréguliers, et leurs marges portent des dents terminées par des épines jaunâtres rigides et piquantes au toucher. Les oreillettes basales par lesquelles la feuille embrasse la tige sont arrondies et très caractéristiques. C'est précisément ce détail, les oreillettes arrondies, qui permet de distinguer Sonchus asper de son proche parent Sonchus oleraceus, dont les oreillettes sont anguleuses et pointues. Sur le terrain, sans loupe, la piqûre franche des marges foliaires oriente rapidement vers Sonchus asper.

Les capitules sont jaunes, de taille moyenne, entièrement composés de fleurs ligulées comme chez tous les laiterons, ce qui leur donne un aspect proche d'un petit pissenlit ou d'une petite chicorée jaune. Les involucres, très bien documentés par les photographies, sont caractéristiques. Avant l'anthèse, ils sont bombés, ventrus, à bractées nervurées et légèrement épineuses sur les bords, d'un vert sombre, presque sculptural. Après la floraison, ils se rétractent et laissent place à un capitule fructifère portant des akènes surmontés d'une aigrette blanche soyeuse.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à novembre.

Les jeunes feuilles basales récoltées avant la montée en tige étaient consommées cuites dans certaines régions de France, après blanchiment pour atténuer l'amertume. Cet usage alimentaire, mentionné dans plusieurs herbiers anciens et chez Bonnier, s'inscrit dans une pratique plus large d'utilisation des laiterons comme plantes potagères de disette ou de printemps. Les tiges et feuilles étaient également données aux lapins et aux cochons, ce qui a valu aux laiterons le nom populaire de laiteron dans de nombreuses régions, en référence à leur latex blanc et à leur usage comme fourrage.

La distinction entre Sonchus asper et Sonchus oleraceus est utile à acquérir car les deux espèces poussent souvent côte à côte. En résumé rapide, les oreillettes arrondies embrassant la tige et la rigidité des épines foliaires orientent vers Sonchus asper, les oreillettes aiguës et les feuilles plus molles vers Sonchus oleraceus. Les deux peuvent présenter des formes intermédiaires qui rendent parfois la détermination délicate sur un seul critère.