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Solidago virgaurea

Solidago virgaurea Solidago virgaurea

Solidago virgaurea — verge d'or

Vivace de la famille des Astéracées, indigène en Europe et présente dans presque toute la France. C'est la seule espèce du genre Solidago native d'Europe occidentale, ce qui la distingue d'emblée des deux solidages nord-américains naturalisés, Solidago canadensis et Solidago gigantea, beaucoup plus grands et colonisateurs. Autour de Luzarches, elle se rencontre dans les lisières de la forêt de Chantilly, les clairières, les coteaux herbeux, les bords de chemins forestiers et les pelouses sur sol plutôt pauvre et bien drainé. Elle affectionne les sols acides à neutres et tolère une certaine sécheresse estivale.

La plante est nettement plus modeste que ses cousines nord-américaines. Elle dépasse rarement soixante à quatre-vingts centimètres, souvent moins en station sèche ou ombragée. La tige est grêle, dressée, rougeâtre, peu ramifiée. Les feuilles inférieures sont ovales-lancéolées, pétiolées et légèrement dentées, les supérieures progressivement plus petites et sessiles. L'ensemble donne une silhouette élancée et discrète, sans la densité de feuillage caractéristique des espèces introduites.

L'inflorescence est une grappe allongée, parfois légèrement ramifiée à la base, portant des capitules jaune vif bien écartés les uns des autres, non serrés en épis arqués comme chez Solidago canadensis. Chaque capitule associe quelques fleurs ligulées rayonnantes et des fleurs tubulées centrales, toutes jaunes. L'ensemble forme une hampe florale dressée et aérée, bien visible sur les photographies, où la tige rougeâtre contraste avec le jaune des fleurs et le vert gris des feuilles. Cette légèreté de l'inflorescence est le premier repère visuel pour la distinguer des solidages américains depuis le bord du chemin.

Dans la nature, sa floraison s'étend de juillet à octobre.

La verge d'or a une longue histoire d'usage médical en Europe. Elle était employée en usage interne comme diurétique et pour les affections des voies urinaires, et en usage externe sur les plaies et les ulcères cutanés. Ces usages sont abondamment documentés dans les herbiers anciens, chez Dioscoride, dans les pharmacopées médiévales et chez Bonnier. Son nom même évoque cette réputation, la verge d'or désignant une plante précieuse pour guérir. Elle entrait dans des préparations contre les calculs rénaux et les rétentions, et était récoltée en lisière de forêt à cet effet dans de nombreuses régions de France.

Sur le plan écologique, la verge d'or indigène est bien moins agressive que ses parentes américaines. Elle s'intègre naturellement dans les communautés végétales existantes sans les supplanter, et constitue une ressource nectarifère utile pour les pollinisateurs en fin de saison dans les milieux forestiers ouverts. Sa présence dans une lisière ou une clairière est un bon indicateur d'un milieu relativement stable et peu perturbé, à l'opposé des friches et bords de cours d'eau colonisés par Solidago canadensis.