Solanum dulcamara — douce-amère, morelle douce-amère
Vivace de la famille des Solanacées, indigène dans toute l'Europe et présente dans la quasi-totalité de la France. La plante développe des tiges ligneuses à la base qui persistent d'une année sur l'autre, lui donnant un caractère semi-arbustif, mais ses rameaux florifères restent herbacés. Elle est commune partout où l'humidité du sol est suffisante.
Autour de Luzarches, elle se rencontre fréquemment en bordure de l'Ysieux et dans les zones humides associées, dans les roselières, les mégaphorbiaies, les haies longeant les fossés, les bords de mares et les lisières ombragées et fraîches. Elle grimpe volontiers dans les buissons et les ronciers, s'appuyant sur les tiges voisines plutôt que de s'enrouler à la manière des vrilles. Sa présence est un bon indicateur d'une certaine humidité persistante du sol.
Les tiges sont grêles, volubiles, atteignant un à deux mètres selon les supports disponibles. Les feuilles sont ovales, souvent pourvues à leur base de un ou deux lobes ou oreillettes latérales bien marquées, ce qui leur donne une silhouette caractéristique facilement reconnaissable. Elles sont d'un vert assez tendre, légèrement pubescentes.
Les fleurs sont parmi les plus élégantes de la flore commune. Les cinq pétales violets à lilas, fortement réfléchis vers l'arrière, dégagent un cône d'étamines jaune vif qui pointe vers l'avant, formant une figure presque identique à celle de la tomate ou de la pomme de terre, deux proches parentes de la même famille. Cette structure, très reconnaissable sur les photographies, est caractéristique de tout le genre Solanum. Les fleurs sont réunies en petites cymes retombantes qui apparaissent à l'aisselle des feuilles ou en face des nœuds.
Les fruits sont des baies ovoïdes, d'abord vertes, puis jaunes, puis rouge vif à maturité, suspendues en grappes pendantes. Sur une même tige en fin de saison, on observe souvent simultanément des baies vertes, des baies en cours de rougissement et des baies mûres d'un rouge éclatant, ce qui rend la plante particulièrement visible en août et septembre. Ces baies sont toxiques pour l'homme et ne doivent pas être consommées.
Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à septembre.
Le nom dulcamara, doux-amer, traduit une propriété gustative réelle et anciennement observée. La tige, lorsqu'on la mâche, donne d'abord une sensation amère qui se transforme progressivement en une impression sucrée. Cette particularité a été notée par les herboristes depuis l'Antiquité et a valu à la plante une longue histoire d'usage médical. Les tiges ligneuses de deuxième année étaient utilisées en décoction contre les affections cutanées, les rhumatismes et diverses maladies considérées comme relevant d'un excès d'humeurs. Bonnier la mentionne dans ses travaux comme plante médicinale traditionnelle bien connue des campagnes françaises. Ces usages sont à considérer avec prudence compte tenu de la toxicité réelle de la plante, mais ils témoignent d'une connaissance empirique fine des propriétés végétales transmise sur de nombreuses générations.
La douce-amère est l'une des rares Solanacées sauvages indigènes en France avec la morelle noire. Sa silhouette grimpante, ses fleurs violettes à cône jaune et ses baies rouges en grappes en font une plante facilement identifiable une fois reconnue, et l'une des plus belles à observer en bord de fossé ou au fil de l'Ysieux en été.