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Silene vulgaris

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Silene vulgaris — silène enflé, behen blanc

Vivace de la famille des Caryophyllacées, présente dans toute l'Europe et une grande partie de l'Asie tempérée. En France, elle est commune et se rencontre dans une très grande variété de milieux ouverts, des plaines aux étages montagnards. Autour de Luzarches, elle occupe les pelouses calcaires, les bords de chemins, les coteaux secs et les talus exposés, les prairies fauchées tardives et les lisières ensoleillées. C'est une des silènes les plus faciles à identifier dans la flore locale, grâce à son calice caractéristique qui lui a valu ses noms populaires.

La plante forme des touffes à souche vivace, portant plusieurs tiges dressées ou légèrement arquées, glabres et glauques, de trente à soixante-dix centimètres de hauteur. Les feuilles sont opposées, ovales à lancéolées, sessiles, d'un vert bleuté caractéristique, glabres et légèrement cireuses au toucher. Les feuilles basales sont plus larges et brièvement pétiolées, les caulinaires plus étroites. Cette teinte glauque est déjà un bon indice sur le terrain, même hors floraison.

L'élément le plus frappant est le calice, vésiculeux, gonflé en ballon ovoïde, parcouru de vingt nervures anastomosées formant un réseau visible à l'œil nu, blanc verdâtre à rosé selon les individus et le stade. Cette structure en lanterne soufflée est unique dans la flore locale et rend la plante immédiatement reconnaissable, en fleur comme en fruit. Les photographies montrent bien cette variation de teinte, du blanc pur au rose lilas selon l'exposition et la maturité. Les pétales sont blancs, profondément bifides, dépassant largement le calice, avec deux petites écailles à la gorge de la fleur. Les étamines et les styles sont longuement saillants, donnant à la fleur ouverte un aspect légèrement ébouriffé.

Les fleurs sont hermaphrodites ou parfois fonctionnellement unisexuées selon les populations, ce qui place cette espèce dans une situation intermédiaire entre les silènes dioïques comme Silene latifolia et les espèces strictement hermaphrodites. Ce polymorphisme sexuel est documenté dans la littérature botanique mais sa fréquence précise dans les populations de la région parisienne n'est pas vérifiable ici.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à septembre, avec une longue période active qui permet de l'observer en fleur pendant une bonne partie de l'été.

Les jeunes pousses basales de cette plante étaient consommées comme légume printanier dans plusieurs régions de France et d'Italie, où elles sont encore récoltées localement sous le nom de strigoli ou d'herbe à la vache selon les dialectes. Elles se préparent à la façon des épinards, blanchies puis revenues à l'huile. Cet usage est attesté depuis l'Antiquité et s'est maintenu dans les traditions culinaires paysannes jusqu'au vingtième siècle dans les régions méditerranéennes notamment, mais aussi dans certaines campagnes du nord de la France.

Le calice renflé a également intéressé les herboristes, qui employaient la plante séchée sous le nom de behen blanc, en infusion, pour ses propriétés supposées calmantes et diurétiques. Cet usage figure chez plusieurs auteurs anciens et dans des pharmacopées populaires jusqu'au dix-neuvième siècle. La ressemblance du calice avec une petite vessie a sans doute orienté son emploi vers les affections urinaires selon la logique de la doctrine des signatures, largement répandue dans la médecine populaire européenne.