Rosa canina et espèces voisines — églantier commun, rosier des chiens, et apparentés
Le genre Rosa compte en Europe une cinquantaine d'espèces acceptées selon les auteurs, auxquelles s'ajoutent de très nombreux hybrides et formes intermédiaires qui rendent la détermination précise souvent difficile, même pour un botaniste expérimenté muni d'une loupe et d'une flore détaillée. En Île-de-France, plusieurs espèces sauvages coexistent dans les haies et les lisières, dont Rosa canina au sens large reste de loin la plus répandue. Les photographies rassemblées ici montrent vraisemblablement plusieurs individus ou plusieurs espèces proches, photographiés à des moments différents et dans des sites différents, et le commentaire qui suit est présenté pour l'ensemble du groupe tel qu'on le rencontre à pied autour de Luzarches, sans prétendre à une détermination spécifique individu par individu.
Ces rosiers sauvages sont des arbustes vivaces de la famille des Rosacées, à tiges arquées et robustes armées d'aiguillons crochus bien développés, pouvant atteindre un à trois mètres de hauteur selon les conditions. Ils colonisent les haies bocagères, les lisières de bois, les bords de chemins, les coteaux calcaires exposés au soleil et les talus herbeux. Autour de Luzarches, ils font partie du paysage végétal ordinaire de toutes les haies et lisières entre les cultures et les bois, que ce soit en bordure des chemins menant vers la forêt de Chantilly, sur les coteaux exposés dominant la vallée de l'Ysieux, ou à la limite des zones humides où ils s'associent à l'aubépine et au prunellier pour former des fourrés impénétrables.
Les feuilles sont composées, pennées, à cinq à sept folioles ovales dentées d'un vert mat à légèrement luisant selon l'espèce. Les stipules à la base du pétiole, les glandes éventuellement présentes sur les folioles et les sépales, et surtout la forme des aiguillons sont des critères déterminants pour distinguer les espèces entre elles, mais ces détails demandent une observation soigneuse au-delà de ce que permettent les photographies disponibles. Ce qui est immédiatement saisissable sur le terrain, en revanche, c'est la grande variabilité de la couleur des fleurs au sein du groupe. Les photographies en témoignent bien, montrant des individus à fleurs presque blanches avec un centre jaune vif, et d'autres à pétales d'un rose lavande délicat, presque lilas par endroits. Cette variation de blanc pur à rose soutenu est caractéristique des églantiers sauvages et ne correspond pas nécessairement à des espèces différentes. Les fleurs sont toujours à cinq pétales libres, larges et légèrement chiffonnés, entourant un bouquet d'étamines nombreuses.
Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juillet selon les stations et les années.
Les fruits, appelés cynorhodons, sont des faux-fruits charnus d'un rouge vif à rouge sombre à maturité, ovoïdes à elliptiques, portant à leur sommet les restes des sépales. Ils mûrissent à l'automne et persistent souvent sur les rameaux dénudés bien après la chute des feuilles, offrant une ressource alimentaire précieuse aux oiseaux hivernants, merles, grives et fauvettes à tête noire en tête. La photographie hivernale illustre parfaitement ce spectacle d'un arbuste chargé de cynorhodons rouge et lie-de-vin sur fond de ciel bleu de janvier.
Les cynorhodons sont récoltés depuis des temps immémoriaux. On en faisait des sirops, des gelées et des décoctions pour soigner les refroidissements et les états de fatigue hivernaux. La pulpe, séparée des graines et des poils irritants qui les entourent, était consommée directement ou transformée en confiture. Les pétales frais ou séchés servaient à préparer des eaux florales et des infusions réputées adoucissantes, et entraient dans la composition de remèdes pour les irritations des yeux et de la gorge. Ces usages sont documentés dans les herbiers médicinaux européens depuis le Moyen Âge et se sont maintenus dans les traditions rurales jusqu'au vingtième siècle.
Une curiosité visible en été sur les rameaux d'églantiers est la bédéguar, une galle volumineuse et fibreuse d'aspect chevelu, rouge et vert, produite par une petite guêpe parasite, Diplolepis rosae. Cette production peut atteindre la taille d'une balle de tennis et était autrefois appelée éponge de rosier ou pomme de rosier. Les herboristes la récoltaient et la faisaient sécher, lui attribuant des vertus diurétiques et sédatives transmises par les traités botaniques depuis l'Antiquité.