Retour à la liste des plantes

Ribes rubrum

Ribes rubrum Ribes rubrum Ribes rubrum
Ribes rubrum Ribes rubrum Ribes rubrum Ribes rubrum
Ribes rubrum Ribes rubrum Ribes rubrum Ribes rubrum
Ribes rubrum Ribes rubrum
Ribes rubrum Ribes rubrum

Ribes rubrum — groseillier rouge, groseillier à grappes

Arbuste vivace de la famille des Grossulariacées, le groseillier rouge est indigène dans une grande partie de l'Europe tempérée, des pays scandinaves jusqu'aux régions montagneuses du centre et de l'ouest du continent. Sa répartition naturelle en France est surtout nordique et montagnarde, mais la plante s'est largement naturalisée dans les régions intermédiaires, dont le Bassin parisien, à partir d'individus cultivés dans les jardins et les vergers depuis le Moyen Âge. La distinction entre populations véritablement sauvages et populations subspontanées est souvent délicate dans notre région, les oiseaux assurant une dissémination continue des graines depuis les haies et les jardins vers les bois riverains environnants. Il faut noter que le nom Ribes rubrum recouvre selon les auteurs un groupe d'espèces proches dont la délimitation a varié ; les indications qui suivent concernent le groseillier à grappes rouges au sens large, tel qu'on l'observe couramment en Île-de-France.

Aux abords de Luzarches, le groseillier rouge est une présence familière des bois frais et humides, en particulier le long de l'Ysieux et de ses berges ombragées. Il s'installe volontiers dans les aulnaies-frênaies, les lisières de bois sur sol riche et frais, les fourrés riverains et les sous-bois clairs où la lumière filtre entre les arbres. Les photographies illustrent bien cet habitat, montrant des arbustes chargés de grappes rouges dans un environnement de sous-bois dense, avec en arrière-plan la végétation caractéristique des bords de cours d'eau. On peut le rencontrer également en lisière de la forêt de Chantilly dans les secteurs frais, et sa présence dans les haies bocagères subsistantes autour du village est vraisemblable, bien qu'elle relève souvent d'une origine jardinière ancienne.

L'arbuste atteint un à deux mètres de hauteur, sans épines, avec des rameaux dressés ou légèrement arqués, à écorce grisâtre qui se détache en fines lanières sur les vieux bois. Les feuilles sont palmatilobées, à trois ou cinq lobes dentés, d'un vert vif sur la face supérieure, légèrement plus pâles en dessous, avec des nervures bien marquées. Elles ressemblent à celles du cassissier mais s'en distinguent immédiatement par l'absence totale d'odeur lorsqu'on les froisse, et par l'absence des points glanduleux dorés caractéristiques de cette espèce. Le limbe est moins ridé, souvent plus régulièrement découpé.

Les fleurs apparaissent très tôt au printemps, souvent en même temps que les premières feuilles. Elles sont réunies en grappes pendantes, grêles et allongées, portant de cinq à quinze fleurs espacées. Chaque fleur est petite, d'un vert jaunâtre à légèrement rougeâtre, à cinq sépales étalés en étoile et cinq petits pétales réduits, presque rudimentaires, blancs ou verdâtres. L'aspect général de la grappe en fleurs est très discret, presque végétal, sans attrait apparent pour l'œil humain, mais les insectes butineurs les visitent activement dès les premières journées douces de mars et avril. Les photographies montrent bien ces grappes florales pendantes sur fond de sous-bois encore peu feuillu, avec les premières feuilles tout juste déployées.

Les fruits sont des baies globuleuses, translucides, d'un rouge vif à maturité, couronnées par les restes du calice desséché, regroupées en grappes pendantes qui peuvent compter une dizaine de baies. Ils mûrissent en juin et juillet et sont rapidement consommés par les oiseaux, ce qui assure une dissémination efficace de l'arbuste dans les bois environnants. Les groseilles sauvages sont généralement plus petites et plus acides que les formes cultivées, mais parfaitement comestibles.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mars à mai selon l'exposition et l'altitude.

Le groseillier rouge est cultivé en Europe depuis au moins le quinzième siècle, d'abord dans les jardins monastiques pour ses fruits. Les baies fraîches ou en gelée étaient utilisées dans les traditions culinaires et médicinales d'Europe du Nord pour stimuler l'appétit, rafraîchir les états fébriles et soulager les maux de gorge. La gelée de groseille, préparée chaque été dans les cuisines rurales, était considérée comme un remède de saison autant que comme un aliment, et sa préparation répondait à un savoir transmis de mère en fille avec autant de soin que celui des simples.

La confusion avec le cassissier est la plus fréquente, surtout hors fructification. L'odeur des feuilles froissées reste le critère le plus simple et le plus fiable pour les distinguer sur le terrain. La couleur des fruits à maturité ne laisse ensuite aucun doute. Le groseillier épineux, Ribes uva-crispa, présent dans des milieux similaires, se reconnaît immédiatement à ses épines axillaires et à ses fruits solitaires ou par deux, jamais en grappes allongées.