Reseda lutea — réséda jaune, réséda jaunâtre
Vivace ou bisannuelle, le réséda jaune appartient à la famille des Résédacées. Répandu dans toute l'Europe tempérée, il est présent du bassin méditerranéen jusqu'aux îles Britanniques et à la Scandinavie méridionale. En France, il est commun dans la quasi-totalité du territoire, aussi bien dans le Midi que dans le Bassin parisien, où il fait partie des plantes familières des terrains remaniés et des bords de routes.
Aux environs de Luzarches, le réséda jaune est une plante à chercher sans hésitation sur les coteaux calcaires ensoleillés, les talus secs, les bords de chemins empierrés et les friches ouvertes. Il apprécie les sols pauvres, pierreux ou sableux, bien drainés et souvent calcaires. On le trouve fréquemment au contact des cultures, en bordure de champs ou sur les remblais récents. Les pelouses rases sur calcaire, que l'on rencontre dans le paysage autour de Luzarches et en direction de la forêt de Chantilly, lui conviennent particulièrement. C'est une plante des milieux ouverts perturbés ou pâturés, qui supporte bien la sécheresse estivale et une concurrence végétale réduite.
Le port est buissonnant, ramifié dès la base, formant des touffes denses de trente à soixante centimètres de hauteur. Les tiges sont grêles, striées, un peu couchées-ascendantes dans les stations ventées ou très sèches. Le feuillage est d'un vert glauque assez caractéristique, ce qui le distingue rapidement de nombreuses autres plantes de même milieu. Les feuilles sont pennatiséquées à trilobées, avec un lobe terminal allongé et des lobes latéraux plus courts, souvent ondulés sur les bords. Cette découpure est moins fine et moins régulière que celle du réséda blanc, et les segments sont généralement plus larges et plus courts. À la base de chaque feuille, de petites dents ou appendices glanduleux sont visibles à la loupe.
Les fleurs sont réunies en épis lâches, nettement moins denses et moins fournis que ceux du réséda blanc ou du réséda des teinturiers. Leur couleur est d'un jaune pâle tirant sur le vert soufre, presque crème dans certaines conditions de lumière, ce qui peut dérouter au premier abord. Les pétales sont au nombre de six, profondément découpés en lanières, les supérieurs plus grands que les inférieurs. Les étamines nombreuses sont jaune vif, bien visibles au centre de chaque fleur. L'ensemble de l'épi a une texture légèrement lâche et aérée, très différente de la colonne compacte du réséda blanc. Les boutons floraux sont globuleux, verdâtres, bien visibles sur les photographies.
Les fruits sont des capsules cylindriques dressées, nettement plus courtes et plus renflées que celles du réséda blanc, avec trois à quatre dents au sommet qui restent ouvertes à maturité, laissant voir les graines noires luisantes. Ces capsules vertes, bien reconnaissables, persistent mélangées aux fleurs tout au long de l'été, ce qui donne aux épis un aspect mi-fleuri mi-fructifié pendant une longue période.
Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à septembre, avec un pic en juin et juillet.
Le réséda jaune est une plante mellifère appréciée des abeilles et de divers insectes butineurs, qui fréquentent assidûment ses épis tout au long de l'été. Sur le plan des usages traditionnels, il a été moins sollicité que le réséda des teinturiers, mais il a partagé avec lui une réputation de plante aux vertus émollientes, utilisée en applications locales dans certaines traditions rurales pour apaiser les irritations cutanées. Ces usages, transmis dans les campagnes européennes, témoignent d'une connaissance ancienne et pratique du genre Reseda dans son ensemble.
La ressemblance avec Reseda luteola, le réséda des teinturiers, mérite attention. Ce dernier a des feuilles entières, non découpées, et des épis bien plus denses et franchement jaunes, ce qui le distingue sans ambiguïté dès qu'on examine le feuillage. Le réséda blanc, aux épis blancs et denses et aux feuilles plus finement découpées, ne prête pas davantage à confusion une fois les deux plantes vues côte à côte. Le réséda jaune reste la plus discrète des trois espèces, celle dont la couleur se fond le plus facilement dans la végétation environnante, et que l'on apprend à repérer d'abord par son feuillage glauque particulier avant même de voir ses fleurs.