Pulicaria dysenterica — Pulicaire dysentérique, Herbe de Saint-Roch
Vivace de la famille des Astéracées, la pulicaire dysentérique est répandue dans toute l'Europe occidentale et centrale, du bassin méditerranéen jusqu'aux îles Britanniques et à la Scandinavie méridionale. En France, elle est commune dans la quasi-totalité du territoire, avec une préférence marquée pour les sols frais à humides. En Île-de-France, elle est régulièrement signalée dans les zones alluviales, les bords de cours d'eau et les fossés.
Autour de Luzarches, elle occupe les berges de l'Ysieux et des rus affluents, les fossés bordant les chemins agricoles, les bas de talus humides et les prairies mal drainées. Elle supporte les sols temporairement inondés et colonise volontiers les zones de suintement le long des coteaux argileux. Les photographies montrent des populations denses en pleine floraison dans ce type de milieu, avec une végétation accompagnatrice typique des ourlets humides.
La plante forme des tiges dressées, ramifiées dans leur partie supérieure, atteignant trente à soixante centimètres, couvertes d'un feutrage laineux gris-blanc particulièrement dense qui lui donne un aspect caractéristique visible de loin. Les feuilles caulinaires sont sessiles, à base amplexicaule embrassant la tige, ovales à oblongues, crénelées sur les bords, vertes et mollement pubescentes dessus, blanchâtres et tomenteuses dessous. Ce contraste entre les deux faces est net à l'examen et constitue un bon critère de reconnaissance. Le toucher est doux, presque cotonneux.
Les capitules sont nombreux, portés en corymbe lâche au sommet des tiges et des rameaux. Chaque capitule présente un disque central jaune doré entouré de ligules étroites, nombreuses et rayonnantes, d'un jaune vif légèrement plus pâle que le disque. Ces ligules, fines et serrées, donnent aux capitules un aspect frangé et dense que les photographies illustrent bien. L'involucre est hérissé de bractées étroites et recourbées vers l'extérieur à maturité. Les akènes sont munis d'une aigrette double, trait distinctif du genre Pulicaria par rapport aux genres voisins.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juillet à septembre dans le Val-d'Oise, avec un pic habituel en août.
Le nom de genre Pulicaria vient du latin pulex, la puce, en référence à un usage ancien de la plante comme répulsif contre les puces et autres insectes piqueurs. Les tiges et feuilles froissées dégagent une odeur forte et caractéristique, résineuse et légèrement camphrée, qui explique cet emploi traditionnel. On brûlait la plante séchée dans les habitations ou on en jonchait les sols pour éloigner les insectes, pratique documentée dans plusieurs régions de France et d'Europe jusqu'au début du vingtième siècle.
Le nom vernaculaire herbe de Saint-Roch renvoie à un autre registre d'usage. La plante était employée dans les traditions rurales françaises contre les diarrhées et les dysenteries, ce que le nom scientifique consigne également. Des décoctions de sommités fleuries ou de feuilles étaient administrées dans ces affections, et cet usage est mentionné dans plusieurs herbiers anciens et dans la pharmacopée populaire de nombreuses régions françaises. La plante était aussi appliquée en cataplasme sur les plaies et les ulcères cutanés.
Plante des bords humides par excellence, la pulicaire dysentérique est un indicateur fiable de la proximité d'un cours d'eau ou d'un sol à nappe affleurante. Ses touffes laineuses et ses capitules jaunes en fin d'été sont l'un des éléments visuels les plus constants des berges de l'Ysieux et des fossés herbeux du territoire de Luzarches.