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Potentilla anserina

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Potentilla anserina

Potentilla anserina — argentine, herbe aux oies

Vivace de la famille des Rosacées, l'argentine est répandue dans toute l'Europe tempérée et froide, des plaines jusqu'aux zones montagnardes, présente également en Asie et en Amérique du Nord. En Île-de-France, elle est commune dans les milieux humides ouverts et les zones piétinées. Autour de Luzarches, elle s'observe facilement le long des fossés, des bords de chemins humides, des berges de l'Ysieux et de ses affluents, ainsi que dans les prairies pâturées et les zones de sol compacté à tendance argileuse. Les photographies montrent des stations typiques de bords de chemins frais et de végétation dense de fossés, avec la renouée persicaire en compagnie sur plusieurs clichés, association caractéristique des milieux nitrophiles et humides.

La plante ne forme pas de tiges dressées mais s'étale en larges tapis au ras du sol par un réseau de stolons rougeâtres pouvant atteindre un mètre de longueur, émettant à chaque nœud de nouvelles rosettes de feuilles et des racines adventives. Cette stratégie de colonisation par stolons explique les nappes denses et continues que l'on observe souvent sur plusieurs mètres carrés dans les sites favorables.

Les feuilles sont parmi les plus remarquables de la flore locale. Elles sont pennées, composées de nombreuses paires de folioles ovales à oblongues, profondément et régulièrement dentées, intercalées de petites folioles secondaires entre les grandes. La face supérieure est vert sombre et légèrement soyeuse, mais c'est la face inférieure qui retient l'attention, entièrement recouverte d'un duvet dense de poils soyeux argentés qui lui donne une couleur blanc nacré très lumineuse. Cette face argentée est visible de loin dès que le vent fait se retourner les feuilles, et c'est elle qui vaut à la plante son nom vernaculaire. Certaines stations à sol très humide ou certains individus montrent un argenté particulièrement intense sur les deux faces, comme en témoignent plusieurs des photographies.

Les fleurs naissent solitaires sur de longs pédoncules grêles dressés issus directement des stolons ou des rosettes. Elles sont franchement jaunes, à cinq pétales arrondis et larges, avec de nombreuses étamines dorées au centre, mesurant un à deux centimètres de diamètre. Le calice porte cinq sépales alternant avec cinq épicalice, détail commun aux potentilles. La fleur est simple, lumineuse, sans aucune ambiguïté avec une renoncule dont la fleur est également jaune mais portée sur des tiges feuillées dressées.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à août.

Le rhizome charnu et les racines de l'argentine ont été consommés dans les périodes de disette dans plusieurs régions d'Europe du Nord et en Écosse, bouillis ou rôtis, avec une saveur douce et farineuse. Les feuilles ont servi à garnir les chaussures des marcheurs et des pèlerins pour prévenir les ampoules et adoucir la fatigue des pieds, usage attesté dans les traditions populaires européennes et relayé par plusieurs herboristes anciens. La plante était aussi employée contre les crampes d'estomac et les douleurs digestives, en décoction ou en infusion des parties aériennes, savoirs transmis dans les campagnes françaises et allemandes jusqu'au vingtième siècle.

Écologiquement, l'argentine supporte un piétinement intense et une compaction du sol que peu de plantes tolèrent aussi bien. Sa présence abondante sur un chemin ou une berge indique généralement un sol riche en matière organique, régulièrement inondé ou détrempé, et fortement fréquenté. C'est une des premières plantes à recoloniser les zones remaniées en bord de fossé ou de chemin rural dès que l'humidité du sol lui est favorable.