Orobanche hederae — orobanche du lierre
Annuelle ou bisannuelle selon les flores de référence, de la famille des Orobanchacées, cette orobanche est présente dans une grande partie de l'Europe occidentale et méditerranéenne, de la péninsule ibérique jusqu'en Pologne et en Ukraine, remontant jusqu'aux îles Britanniques. En France, elle est signalée dans de nombreuses régions, surtout là où le lierre forme des tapis denses sous les arbres ou sur les talus. Les données Florif la mentionnent en Île-de-France, y compris dans le Val-d'Oise.
Son hôte exclusif est le lierre commun, Hedera helix, sur les racines duquel elle se fixe souterrainement par des suçoirs, tirant de lui toute sa subsistance. Elle est donc à chercher directement dans les zones à lierre dense, sous les lisières boisées, sur les talus ombragés, dans les parcs ou le long des murs envahis de lierre. Autour de Luzarches, les lisières de la forêt de Chantilly et les talus boisés à lierre abondant sont les milieux les plus favorables. La photographie de la tige au sol montre bien la végétation environnante, avec des feuilles de lierre visibles à la base, ce qui confirme l'identification et illustre la relation étroite entre les deux plantes.
La tige est dressée, robuste pour une orobanche, atteignant 20 à 50 centimètres, couverte de poils glanduleux brun rougeâtre, épaisse à la base et portant des écailles lancéolées clairsemées. La teinte générale est caractéristique, un mélange de crème jaunâtre, de rose pâle lavé de lilas et de brun roux, qui vire progressivement au brun fauve à mesure que les fleurs fanent et que les bractées sèchent. L'épi est dense, serré, cylindrique, nettement plus compact que celui d'Orobanche caryophyllacea. Les fleurs sont tubulaires, à deux lèvres, d'un blanc crème légèrement teinté de rose ou de lilas, avec des bords de lobes très nettement ondulés et frangés, bien visibles sur les gros plans. Cette bordure crépue et abondamment frangée, presque mousseuse par endroits, est l'un des traits les plus frappants à l'observation rapprochée. Le stigmate est bilobé, d'un pourpre sombre à violet très soutenu, visible comme deux petits points sombres au centre des fleurs ouvertes, très apparent sur plusieurs des photographies. Les étamines sont insérées bas sur le tube, avec des filets velus à la base.
Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juillet.
La présence du lierre à proximité immédiate de la tige est le premier indice à vérifier sur le terrain. Le stigmate d'un pourpre intense, la densité de l'épi et la frange très développée des lobes permettent de la distinguer des autres orobanches susceptibles d'être rencontrées dans les mêmes milieux. Il faut noter que plusieurs individus peuvent émerger simultanément depuis le même réseau racinaire d'un seul pied de lierre, formant parfois de petits groupes qui surprennent par leur soudaine apparition dans une végétation par ailleurs banale.