Orchis simia — orchis singe
Vivace de la famille des Orchidacées, l'orchis singe est une espèce à distribution méditerranéenne et subatlantique, présente du bassin méditerranéen jusqu'au sud de l'Angleterre et à l'ouest de l'Asie. En France, il est surtout répandu dans le centre, le nord et les régions calcaires, avec une présence notable en Île-de-France où les données Florif indiquent des populations dans plusieurs départements du bassin parisien, dont le Val-d'Oise et l'Oise voisine.
Autour de Luzarches, l'orchis singe est une espèce à chercher dans les pelouses calcaires bien exposées, les ourlets herbeux ensoleillés en lisière de boisements sur craie et les talus calcaires à végétation ouverte. Il préfère les sols basiques bien drainés, souvent là où la roche affleure ou reste proche de la surface, et supporte une légère ombre en lisière. Les coteaux calcaires de la région, les bordures de chemins creux en terrain crayeux et les clairières sèches des boisements calcicoles constituent ses habitats les plus probables dans ce secteur, même si sa localisation précise sur le territoire de Luzarches n'est pas vérifiable ici.
La plante atteint 20 à 45 centimètres. Les feuilles basales sont ovales-lancéolées, luisantes, non tachetées, disposées en rosette. L'épi est globuleux à ovoïde, assez lâche, et présente une particularité rare parmi les orchidées de la région : il s'ouvre de haut en bas, les fleurs du sommet s'épanouissant les premières tandis que les boutons du bas sont encore fermés. Ce sens d'ouverture inversé par rapport à la plupart des orchis est l'un des premiers indices permettant d'identifier l'espèce à distance.
La fleur est immédiatement reconnaissable. Le casque est blanc rosé, parcouru de stries pourpres, compact et ovale. Le labelle est découpé en lanières longues et étroites, les deux lobes latéraux fins et enroulés évoquant des bras, le lobe médian lui-même divisé en deux segments encore plus grêles terminés par une petite pointe recourbée, avec une minuscule dent entre les deux. L'ensemble de ce labelle blanc à rosé, ponctué de petits points et de touffes de poils pourpres, et terminé par ces appendices filiformes recourbés vers le bas, a inspiré le nom commun. La ressemblance avec une petite figure anthropomorphe suspendue par les bras et les jambes est plus frappante encore que chez l'orchis militaire, les lobes étant nettement plus allongés et plus grêles. La photographie en gros plan rend bien compte de ce labelle caractéristique et de la teinte générale blanc lilacé, les extrémités des lobes prenant souvent une teinte plus soutenue, lilas à pourpre rosé.
Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juin.
L'orchis singe est réputé pour former des hybrides naturels avec l'orchis militaire et l'orchis pourpre dans les localités où ces espèces cohabitent. Ces hybrides, parfois rencontrés en Île-de-France, exigent une observation minutieuse du labelle et du casque pour être identifiés avec certitude. Comme toutes les orchidées indigènes, l'espèce est protégée en France.