Orchis purpurea — orchis pourpre
Vivace de la famille des Orchidacées, l'orchis pourpre est une espèce d'Europe centrale et occidentale, présente du sud de l'Angleterre et de la péninsule ibérique jusqu'en Turquie et au Caucase. En France, il est particulièrement bien représenté dans le nord et dans le bassin parisien, où les substrats calcaires lui conviennent pleinement. En Île-de-France, il figure parmi les orchidées les plus robustes et les plus visibles du printemps, et les données Florif confirment sa présence régulière dans le Val-d'Oise et les départements voisins.
Autour de Luzarches, l'orchis pourpre est une espèce que l'on peut espérer rencontrer dans les lisières calcaires ensoleillées, les ourlets herbeux en bordure de boisements sur craie, les pelouses rases exposées au sud et les talus de chemins creux en terrain calcaire. Il tolère une ombre légère sous les taillis clairs et peut former de petits groupes denses dans les clairières à sol crayeux peu recouvert. La photographie montrant des rosettes au pied d'un talus boisé, sol crayeux à nu entre les racines et la mousse, illustre bien le type de niche qu'il peut occuper, parfois à l'écart des pelouses ouvertes.
C'est l'une des plus grandes orchidées sauvages de la région. La tige peut dépasser 60 centimètres sur les individus vigoureux, parfois davantage. Les feuilles basales sont larges, ovales à oblongues, d'un vert luisant et brillant, non tachetées, couchées en rosette étalée au sol au début du printemps puis progressivement dressées. Cette rosette de grandes feuilles vernissées, visible sur plusieurs photographies, est reconnaissable dès l'hiver dans les pelouses calcaires, bien avant l'apparition de la hampe. Les feuilles caulinaires sont réduites et engainantes.
L'épi est imposant, dense, conique à cylindrique, pouvant porter plusieurs dizaines de fleurs. Ce qui frappe d'emblée, c'est le contraste saisissant entre le casque et le labelle. Le casque, formé par la réunion des sépales et des pétales latéraux, est d'un pourpre brun très sombre, presque chocolat, nervuré et luisant, d'une teinte profonde qui se détache vivement sur la végétation printanière. Le labelle étalé en dessous est au contraire blanc à blanc rosé, orné de points et de petites touffes de poils pourpres groupés en plages irrégulières, avec des lobes latéraux étroits et allongés évoquant des bras et un lobe médian large, émarginé, à bord finement frangé ou crénelé. Ce contraste entre le casque sombre et le labelle clair est le critère de reconnaissance le plus immédiat sur le terrain. L'éperon est court, conique, dirigé vers le bas.
Les gros plans illustrent bien la finesse du labelle, avec ses franges délicates sur les bords des lobes et la densité variable des points pourpres selon les individus. La variabilité de la pigmentation du casque, du brun très sombre presque noir au pourpre moins intense, s'observe d'une plante à l'autre au sein d'une même population.
Dans la nature, sa floraison s'étend d'avril à juin, légèrement après l'orchis mâle dans les mêmes secteurs.
L'orchis pourpre peut former des hybrides naturels avec l'orchis militaire lorsque les deux espèces cohabitent sur un même site. Ces hybrides, désignés sous le nom d'Orchis x hybrida, présentent des caractères intermédiaires, notamment un casque moins sombre et un labelle dont le découpage tient à la fois des deux parents. Leur rencontre, signalée dans quelques localités d'Île-de-France, reste un événement rare qui demande une observation attentive. La plante est protégée en France et ne peut être ni cueillie ni déterrée.