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Orchis mascula

Orchis mascula 'purpurea' Orchis mascula 'purpurea'
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Orchis mascula 'purpurea'

Orchis mascula — orchis mâle

Vivace de la famille des Orchidacées, l'orchis mâle est l'une des orchidées sauvages les plus répandues d'Europe, présente des îles Canaries et du bassin méditerranéen jusqu'à la Norvège et la Finlande. En France, il est commun dans la quasi-totalité des régions, aussi bien en plaine qu'en montagne. En Île-de-France, il figure parmi les orchidées forestières les plus fréquemment observées, et les données Florif confirment sa présence régulière dans le Val-d'Oise.

Autour de Luzarches, l'orchis mâle est l'orchidée sauvage la plus accessible au promeneur. Il se rencontre dans les sous-bois clairs à sol calcaire, sous les charmes, les chênes et les noisetiers, dans les lisières ombragées et les talus de chemins forestiers où la litière n'est pas trop épaisse. Les boisements en bordure de la forêt de Chantilly offrent exactement ce type de conditions. Il peut aussi coloniser les ourlets herbeux mi-ombragés et les clairières à végétation rase. Les photographies présentées ici montrent des individus à fleurs rose lilacé pâle, teinte fréquente dans les populations de sous-bois où la lumière filtrée semble favoriser des pigmentations moins saturées que celles des individus poussant en milieu plus ouvert. Cette variabilité de la coloration au sein d'une même espèce est tout à fait normale et ne correspond pas à une variété botanique définie.

La plante atteint 20 à 50 centimètres. Les feuilles basales, largement lancéolées, d'un vert vif et luisant, sont souvent marquées de taches brun violacé irrégulières, visibles dès le début du printemps bien avant l'apparition de la hampe florale. Cette feuille tachetée, que l'on aperçoit sur la dernière photographie, est l'un des premiers repères pour identifier la plante au sol en mars ou avril. Les feuilles caulinaires engainent progressivement la tige, qui est dressée, robuste, souvent légèrement teintée de violet.

L'épi est dense, cylindrique, portant de nombreuses fleurs bien serrées qui s'ouvrent de bas en haut. Chaque fleur comprend des sépales et des pétales latéraux qui se rapprochent en casque au-dessus du gynostème, caractère bien visible sur les prises de vue en gros plan. Le labelle est trilobé, étalé, avec deux lobes latéraux arrondis et un lobe médian plus large, légèrement échancré, orné de petits points et de stries pourpres sur fond plus clair. Ces marques, regroupées vers le centre du labelle, guident les insectes pollinisateurs vers l'entrée de l'éperon. L'éperon est cylindrique, épais, horizontal à légèrement ascendant, aussi long ou un peu plus court que l'ovaire. Sur les individus photographiés ici, la teinte générale est un rose lilacé doux, presque mauve pâle, avec le centre du labelle nettement plus clair, presque blanc verdâtre, et les points pourpres bien détachés sur ce fond clair.

Dans la nature, sa floraison s'étend d'avril à juin, ce qui en fait l'une des premières orchidées à fleurir dans les bois de la région parisienne, parfois dès la mi-avril dans les expositions favorables.

Les tubercules globuleux de l'orchis mâle, comme ceux de plusieurs espèces voisines, ont longtemps été récoltés à travers toute l'Europe pour préparer le salep, farine obtenue par séchage et broyage, utilisée dans des boissons réputées nourrissantes et reconstituantes. Ce commerce, actif du Moyen Âge jusqu'au XIXe siècle, a été pratiqué en France, en Angleterre et dans tout l'Empire ottoman, où le salep reste encore aujourd'hui une boisson traditionnelle. La pression exercée sur les populations sauvages d'orchidées par cette récolte a été considérable dans certaines régions d'Europe. L'espèce est aujourd'hui protégée en France et ne peut être ni cueillie ni déterrée.