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Onobrychis viciifolia

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Onobrychis viciifolia

Onobrychis viciifolia — sainfoin, esparcette

Vivace de la famille des Fabacées, le sainfoin s'installe durablement dans les sols calcaires bien drainés. Son aire naturelle couvre une grande partie de l'Europe centrale et méridionale, et il est présent en France dans la majorité des régions, plus abondamment sur les terrains calcicoles. En Île-de-France, il appartient à la flore caractéristique des coteaux et des pelouses sèches sur craie ou calcaire.

Autour de Luzarches, c'est sur les coteaux calcaires et les pelouses sèches exposées au sud que le sainfoin trouve ses conditions de prédilection. Les lisières ouvertes et les talus ensoleillés en bordure des plateaux agricoles lui conviennent également. Il peut aussi s'observer en bords de chemins caillouteux traversant les zones agricoles, parfois issu d'anciennes cultures fourragères dont il s'est échappé. Les données Florif Île-de-France confirment sa présence dans le Val-d'Oise sur ces types de milieux.

La plante forme des touffes robustes pouvant atteindre 30 à 60 centimètres de hauteur, avec des tiges dressées ou légèrement ascendantes. Les feuilles sont composées, imparipennées, portant de nombreuses folioles oblongues disposées en paires de part et d'autre du rachis, rappelant effectivement celles des vesces, ce que reflète l'épithète viciifolia. L'ensemble du feuillage est d'un vert mat légèrement glauque.

L'inflorescence est un épi allongé et dense, porté au sommet d'une tige nue. Les fleurs sont papilionacées, d'un rose vif à rose pourpré, striées de nervures carminées bien visibles sur l'étendard et les ailes — détail frappant et caractéristique que les photographies illustrent parfaitement. L'épi s'ouvre progressivement de la base vers le sommet, offrant simultanément des fleurs épanouies en bas et des boutons serrés au-dessus. Le fruit est une gousse indéhiscente, courte, crêtée et épineuse sur le bord dorsal, persistant souvent sur la plante après maturité.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juillet.

Le sainfoin a été cultivé en France comme plante fourragère depuis au moins le XVIe siècle, largement répandu dans les campagnes sous le nom d'esparcette, notamment dans les régions calcaires où le trèfle et la luzerne s'établissent moins bien. Son nom de sainfoin, qui signifie foin sain ou bon foin, témoigne de la haute estime dans laquelle les agriculteurs le tenaient pour nourrir les chevaux et les bêtes à cornes. Les populations que l'on rencontre aujourd'hui en bordure de champs ou sur des talus sont souvent des reliques de ces anciennes cultures, naturalisées depuis plusieurs générations. La plante est également reconnue comme une ressource mellifère de premier ordre, très fréquentée par les bourdons et les abeilles attirés par l'abondance du nectar.

Dans les savoirs populaires et les usages transmis par les herboristes anciens, le sainfoin était employé comme astringent doux et tonique. Des décoctions de la plante étaient utilisées pour traiter certaines affections des voies urinaires et comme fortifiant général, notamment pour les convalescents. Ces usages sont mentionnés dans plusieurs traditions régionales françaises et dans les herbiers anciens, sans qu'il soit toujours possible d'en préciser l'aire géographique exacte.