Oenothera glazioviana — grande onagre, onagre de Glaziou
Bisannuelle de la famille des Onagracées, Oenothera glazioviana est une espèce d'origine nord-américaine naturalisée en Europe, comme la plupart des onagres présentes sur le continent. Son histoire taxonomique est particulièrement embrouillée et a longtemps alimenté des débats botaniques non encore totalement résolus. Elle fut décrite à partir de plantes cultivées au jardin botanique de Rio de Janeiro au dix-neuvième siècle, ce qui lui vaut ce nom d'espèce renvoyant au botaniste français Auguste Glaziou. En Europe, elle est considérée comme une néophyte bien établie, présente dans une grande partie de l'Europe occidentale et centrale. En France et en Île-de-France, elle est signalée dans de nombreuses localités et figure parmi les onagres les plus fréquentes des milieux perturbés, aux côtés d'Oenothera biennis avec laquelle elle est souvent confondue.
Autour de Luzarches, cette grande onagre s'observe dans les mêmes milieux qu'Oenothera biennis, bords de routes, talus, friches, terrains vagues, lisières ouvertes et ensoleillées. Elle affectionne les sols légers, sableux ou graveleux, bien drainés et bien exposés. Les abords de voies de communication, les zones de remblais et les marges des cultures constituent des habitats réguliers dans ce secteur du Val-d'Oise.
C'est une plante de grande taille, souvent plus imposante qu'Oenothera biennis, pouvant atteindre et dépasser un mètre quatre-vingt dans de bonnes conditions. La tige est robuste, dressée, couverte d'une pilosité mixte associant des poils courts couchés et des poils plus longs étalés, souvent accompagnés à leur base d'une petite tache rouge ou pourpre. Ce détail, visible à la loupe ou même à l'œil nu sur des poils bien développés, constitue l'un des critères les plus utiles pour distinguer cette espèce d'Oenothera biennis sur le terrain. Les feuilles caulinaires sont lancéolées, à bords finement ondulés-dentés, avec une nervure centrale bien marquée, blanchâtre, et des nervures secondaires visibles. Leur surface est légèrement pubescente, d'un vert assez vif.
Les fleurs sont nettement plus grandes que celles d'Oenothera biennis, leurs pétales pouvant atteindre trois à quatre centimètres de large, ce qui leur donne un aspect plus ample, presque généreux. Leur couleur est un jaune vif, légèrement soufré, très lumineux. Elles s'ouvrent en fin de journée ou à la nuit tombante et se fanent le matin suivant, comme chez toutes les onagres à floraison nocturne. Les sépales, bien visibles sur les boutons floraux, sont souvent teintés de rouge orangé à brun rougeâtre, ce qui donne aux épis en cours de floraison une coloration bicolore caractéristique, jaune et roux, facilement repérable de loin. Les fleurs fanées prennent une teinte crème à jaunâtre pâle en se recroquevillant vers le bas de la tige, créant un contraste saisissant avec les boutons encore fermés et colorés au-dessus.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à septembre, avec un pic en juillet et août.
La distinction entre Oenothera glazioviana et Oenothera biennis reste un exercice délicat, et les flores généralistes ne s'accordent pas toujours sur les critères à retenir. La taille des fleurs, la coloration des sépales et la présence de taches rouges à la base des poils de la tige sont les éléments les plus souvent cités. Sur le terrain, en présence d'individus bien développés portant de grandes fleurs et des boutons rougeâtres bien visibles, l'attribution à Oenothera glazioviana est raisonnablement fondée. Mais le groupe des onagres naturalisées en Europe comprend plusieurs taxons hybridogènes dont la délimitation exacte reste un sujet ouvert dans la littérature botanique actuelle, et la prudence reste de mise face à des individus atypiques.
Comme les autres onagres, cette espèce joue un rôle non négligeable dans les milieux ouverts en offrant nectar et pollen aux insectes nocturnes, notamment aux sphinx crépusculaires, à une période de l'année où peu d'autres grandes fleurs sont disponibles après le coucher du soleil. La taille de ses fleurs, supérieure à celle d'Oenothera biennis, en fait une ressource particulièrement accessible pour les pollinisateurs à longue trompe.