Lonicera periclymenum
Lonicera periclymenum — chèvrefeuille des bois
Arbuste lianescent vivace de la famille des Caprifoliacées, le chèvrefeuille des bois est répandu dans toute l'Europe occidentale et centrale, de la péninsule ibérique jusqu'en Pologne et en Scandinavie méridionale. En France, il est présent sur l'ensemble du territoire à l'exception des zones les plus arides et des étages alpins élevés. Les données Florif le signalent abondamment en Île-de-France, dans tous les massifs forestiers de la région.
Autour de Luzarches, c'est l'une des lianes les plus communes des sous-bois et des lisières. Il grimpe dans les haies, les taillis, les boisements de chênes et de charmes en bordure de la forêt de Chantilly, s'enroulant autour des tiges et des branches en montant parfois à plusieurs mètres de hauteur. On le trouve aussi dans les boisements frais le long de l'Ysieux et dans les haies bocagères des environs. Il tolère aussi bien les sols calcaires secs que les terres plus fraîches et humifères, ce qui lui permet d'occuper une grande variété de situations.
Les tiges volubiles s'enroulent toujours dans le sens des aiguilles d'une montre et peuvent atteindre plusieurs mètres de long sur un support favorable. Les feuilles sont opposées, ovales à elliptiques, vertes dessus et glauques en dessous, caduques. Un détail important pour distinguer cette espèce du chèvrefeuille à balais ou d'autres espèces introduites parfois naturalisées : chez Lonicera periclymenum, les feuilles ne sont jamais soudées en un disque autour de la tige, même au sommet des rameaux florifères, contrairement à Lonicera caprifolium qui présente cette particularité. Les fleurs sont groupées en verticilles terminaux serrés, portées par des pédoncules courts. Chaque fleur est tubulaire, allongée, bilabiée, avec une lèvre supérieure divisée en quatre lobes réfléchis et une lèvre inférieure étroite et pendante. Les étamines et le style dépassent longuement du tube, donnant aux bouquets en fleur cet aspect échevelé si caractéristique que les photographies rendent parfaitement. La couleur évolue au fil de la floraison, les boutons et les fleurs jeunes étant blancs à crème, puis virant progressivement au jaune soufre assez vif en vieillissant, ce qui explique que l'on voit souvent sur un même bouquet des fleurs blanches et des fleurs jaunes, comme bien visible sur les images. Les fruits sont de petites baies rouges regroupées en bouquets, appréciées des fauvettes et des grives en automne.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à septembre, avec un premier pic en juin-juillet et parfois une reprise partielle en fin d'été.
Le parfum du chèvrefeuille des bois est l'un des plus puissants de la flore sauvage européenne, et il s'intensifie nettement à la tombée du soir. Cette caractéristique est directement liée à sa pollinisation, assurée principalement par des sphinx, papillons nocturnes à vol stationnaire dont la longue trompe peut atteindre le fond du tube nectarifère. Le sphinx du liseron et le sphinx de l'épilobe figurent parmi ses visiteurs réguliers dans les lisières de la région parisienne. Les fleurs récoltées en début de floraison entraient dans des préparations traditionnelles contre les affections des voies respiratoires, et les feuilles séchées étaient parfois utilisées en gargarismes. Ces usages sont attestés dans les herbiers anciens et chez plusieurs botanistes du XVIe et du XVIIe siècle. La photographie montrant un jeune rameau au printemps, avec ses petites feuilles opposées encore serrées et légèrement velues sur sol de litière, illustre bien le stade auquel la plante est souvent ignorée, bien avant qu'elle ne révèle sa présence par ses fleurs et son parfum.