Linaria vulgaris

Linaria vulgaris Linaria vulgaris Linaria vulgaris
Linaria vulgaris Linaria vulgaris

Linaria vulgaris — linaire commune, linaire vulgaire

Vivace de la famille des Plantaginacées, la linaire commune est répandue dans toute l'Europe tempérée, de la péninsule ibérique jusqu'en Sibérie occidentale. En France, elle est présente sur l'ensemble du territoire, plus abondante dans les régions de plaines et de plateaux que dans les zones montagneuses. Les données Florif la signalent régulièrement en Île-de-France, y compris dans le Val-d'Oise.

Autour de Luzarches, la linaire commune est une plante des milieux ouverts et perturbés. Elle colonise les bords de chemins, les talus, les friches, les lisières de champs et les décombres, affectionnant les sols sableux ou calcaires bien drainés. On peut la rencontrer sur les coteaux exposés, en bordure des cultures et le long des voies, où elle s'installe souvent en petites colonies grâce à ses rhizomes traçants. Les lisières sèches en périphérie de la forêt de Chantilly constituent également un habitat favorable.

La plante forme des tiges grêles, dressées, peu ramifiées, couvertes de feuilles très étroites, linéaires, d'un vert glauque légèrement bleuté, disposées en nombre sur toute la hauteur de la tige. La hauteur varie généralement entre 30 et 70 centimètres. Les fleurs, regroupées en grappes terminales assez denses, sont l'élément le plus remarquable de la plante. Chacune présente deux lèvres bien marquées, rappelant à s'y méprendre une petite gueule-de-lion en miniature. La corolle est jaune pâle à jaune soufre, avec un palais orangé saillant qui ferme presque complètement l'entrée du tube. Un éperon fin et pointu, nettement visible à l'arrière de la fleur, contient le nectar. Cet éperon est l'un des critères de reconnaissance les plus fiables sur le terrain. Les fruits sont des capsules ovoïdes s'ouvrant au sommet pour libérer de petites graines ailées.

Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à octobre, ce qui en fait l'une des plantes qui accompagne le plus longtemps les promeneurs sur les chemins d'été et d'automne.

L'éperon nectarifère de la linaire est accessible uniquement aux insectes suffisamment lourds et puissants pour écarter les lèvres de la corolle, essentiellement certains bourdons capables de forcer l'entrée. D'autres insectes, incapables de pénétrer par la voie normale, percent parfois directement la base de l'éperon pour y voler le nectar sans assurer la pollinisation, un comportement bien documenté par les naturalistes du XIXe siècle dont Bonnier fait mention. La linaire a par ailleurs été utilisée en médecine populaire comme plante purgative et diurétique, et ses feuilles macérées dans de l'huile ou du lait servaient en usage externe contre certaines affections cutanées. Ces savoirs circulaient largement dans les campagnes d'Europe du Nord et du Centre, et se retrouvent dans de nombreux recueils de botanique médicale anciens. Une curiosité botanique mérite d'être signalée : la linaire produit parfois une forme anormale appelée pélorie, dans laquelle la fleur, ordinairement zygomorphe et bilabiée, devient régulière et développe plusieurs éperons. Cette anomalie, décrite dès le XVIIIe siècle par Linné lui-même qui en fit un sujet de réflexion sur la nature des espèces, peut s'observer occasionnellement dans les populations sauvages.