Lathyrus nissolia
Lathyrus nissolia — gesse sans vrilles, gesse de Nissole
Annuelle de la famille des Fabacées, la gesse de Nissole est présente dans une grande partie de l'Europe occidentale et centrale, de la péninsule ibérique jusqu'en Pologne et en Angleterre méridionale. En France, elle est surtout commune dans la moitié nord et le centre, souvent associée aux prairies mésophiles peu intensives et aux bords de chemins herbeux. En Île-de-France, elle est notée régulièrement sur les coteaux calcaires et les ourlets prairials, mais reste une espèce à rechercher, moins abondante que les autres gesses du territoire.
Autour de Luzarches, elle s'installe dans les prairies de fauche tardive, les bords de chemins herbeux, les talus ensoleillés et les ourlets sur sols calcaires bien drainés. Les photographies de cette série montrent la plante mêlée à une végétation prairiale dense et haute, ce qui correspond exactement aux milieux où elle se glisse sans se faire remarquer, ses tiges grêles et ses feuilles linéaires se fondant facilement parmi les graminées environnantes.
C'est précisément là que réside sa singularité la plus frappante pour quiconque connaît un peu les gesses. Là où ses congénères portent des feuilles composées de folioles bien visibles et des vrilles ramifiées à l'extrémité des feuilles, la gesse de Nissole ne présente que de simples phyllodes, c'est-à-dire des pétioles aplatis et allongés qui font office de feuilles, étroits et linéaires, ressemblant à s'y méprendre à des feuilles de graminées. Il n'y a ni folioles, ni vrilles. Cette réduction foliaire extrême est un cas rare dans le genre Lathyrus et rend la plante quasi invisible dans son milieu avant la floraison, comme le montrent bien les clichés d'ensemble de cette série où les phyllodes se confondent avec les feuilles des graminées voisines.
La tige est grêle, dressée ou légèrement ascendante, non ailée, atteignant trente à soixante centimètres selon les stations. Les fleurs, portées par de longs pédoncules axillaires filiformes, sont solitaires ou par paires, d'un rose vif à magenta assez intense, avec un étendard large et bien arrondi, souvent parcouru de nervures plus sombres bien visibles sur les photographies en gros plan. Les ailes sont plus courtes et plus claires. Le calice est herbacé, à dents inégales. Les fruits sont des gousses allongées, étroites, glabres, à bec recourbé à l'apex, bien représentées sur l'un des clichés de cette série.
Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à juillet, avec un pic en juin dans les prairies du Valois et du plateau de France.
La confusion avec une graminée est un piège classique, même pour un observateur averti. Avant floraison, seule l'attention portée à la tige et à l'insertion des phyllodes permet de repérer la plante, en cherchant l'absence totale de vrilles et la tige ronde non ailée. Une fois la fleur rose aperçue au ras de la prairie, l'œil revient sur la tige et la découverte de la plante devient soudainement évidente.