Knautia arvensis
Knautia arvensis — knautie des champs, scabieuse des champs
Vivace, parfois bisannuelle, appartenant à la famille des Caprifoliacées selon la classification actuelle, anciennement rangée dans les Dipsacacées. Largement répandue dans toute l'Europe, de la péninsule ibérique jusqu'en Scandinavie et à l'est jusqu'en Asie centrale, elle est commune dans presque toute la France, y compris en Île-de-France où elle figure parmi les plantes des milieux herbacés secs à mésophiles les mieux représentées.
Dans le secteur de Luzarches, la knautie des champs est une habitante fidèle des coteaux calcaires, des prairies maigres non fauchées trop tôt, des bords de chemins enherbés et des lisières de pelouses. Elle apprécie les sols bien drainés, souvent calcaires ou neutres, en pleine lumière. Les abords de la forêt de Chantilly, les talus des routes anciennes et les prairies non intensifiées de la vallée de l'Ysieux offrent des conditions favorables à son installation.
La tige est dressée, raide, couverte de poils étalés bien visibles, atteignant couramment quarante à quatre-vingts centimètres. Les feuilles basales sont entières ou légèrement lobées, en rosette, alors que les feuilles caulinaires sont généralement pennatiséquées, avec un lobe terminal plus grand, ce contraste entre les deux types de feuilles étant un bon repère sur le terrain. L'ensemble de la plante est nettement velu au toucher.
L'inflorescence est un capitule hémisphérique porté par un long pédoncule grêle. Les fleurs périphériques sont nettement plus grandes que les centrales, ce qui donne au capitule une apparence rayonnante caractéristique. La corolle est à quatre lobes inégaux, d'un lilas-mauve assez vif, parfois plus pâle. Les fleurs centrales, encore en boutons sur les photographies, montrent des tépales nacrés rosés formant une masse bombée très reconnaissable. À maturité, les capitules fructifères deviennent secs et brunâtres, hérissés des bractéoles persistantes, comme on peut le voir sur le second capitule visible dans la première image.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à septembre, parfois jusqu'en octobre dans les stations abritées.
La knautie des champs est une plante mellifère de premier ordre, très visitée par les bourdons, les abeilles sauvages et de nombreux papillons diurnes. Le petit coléoptère métallique vert et rouge visible sur la deuxième photographie, vraisemblablement un oedemère, illustre bien l'attractivité de ces capitules pour toute une faune d'insectes floricoles. Cette plante joue un rôle notable dans les prairies tardives en offrant une ressource florale abondante en plein été, période souvent creuse pour les pollinisateurs dans les paysages agricoles intensifs.
Elle a été utilisée en médecine populaire, notamment sous forme de décoctions des parties aériennes, contre les affections cutanées, les démangeaisons et certaines formes d'eczéma. Ce savoir, attesté dans plusieurs régions françaises et dans la tradition herboriste germanique, lui a valu des noms vernaculaires locaux aujourd'hui peu usités faisant référence à la gale ou aux maladies de peau.