Juncus sp. 1
Juncus sp. — jonc, identification non établie avec certitude
Les photographies présentées ici montrent un jonc à tiges cylindriques, creuses ou pleines, portant une inflorescence latérale ramifiée à fleurs brun-rougeâtre groupées en glomérules lâches, dans un contexte de berge et de zone humide. L'ensemble des caractères visibles — tiges dressées vert glauque formant des touffes denses, inflorescence à l'aspect d'une panicule latérale insérée apparemment vers le tiers supérieur de la tige, fleurs à tépales brun-rougeâtre pointus — oriente vers le groupe des joncs à tiges nues et à inflorescence pseudolatérale, dont les deux espèces les plus fréquentes en Île-de-France sont Juncus effusus, le jonc épars, et Juncus inflexus, le jonc glauque. Une troisième espèce proche, Juncus conglomeratus, le jonc aggloméré, est également possible dans ce type de milieu.
La distinction entre ces trois espèces repose sur des caractères qui ne sont pas tous lisibles sur photographie. Juncus inflexus se reconnaît à ses tiges glauques, striées de nombreuses côtes bien marquées visibles à l'œil nu ou à la loupe, et à sa moelle interrompue en segments. Juncus effusus présente des tiges d'un vert plus vif, lisses ou très finement striées, avec une moelle continue et blanche. Juncus conglomeratus a des tiges striées et une inflorescence plus compacte et globuleuse. La couleur glauque des tiges visible sur plusieurs clichés, associée à l'aspect strié, inclinerait vers Juncus inflexus, mais cette identification ne peut être considérée comme certaine sans examen direct de la plante fraîche.
Par précaution, la fiche est présentée au niveau du genre, en signalant explicitement cette limite.
Les joncs appartiennent à la famille des Juncacées. Ce sont des vivaces à rhizome, présentes dans toute l'Europe, communes dans les zones humides de plaine comme de montagne. En Île-de-France, Juncus effusus et Juncus inflexus sont tous deux largement répandus et souvent mêlés dans les mêmes stations.
Dans le secteur de Luzarches, les joncs à tiges nues sont des plantes familières des bords de l'Ysieux, des fossés en eau, des berges de mares et des prairies humides périodiquement inondées. Les photographies montrent des touffes installées directement au bord de l'eau courante ou stagnante, dans un substrat limoneux ou sablo-limoneux, ce qui correspond parfaitement à l'habitat attendu de ces espèces.
Le port général est celui d'une touffe dense de tiges dressées, vert moyen à glauque selon l'espèce, sans feuilles développées, les feuilles étant réduites à des gaines basales brunes ou roussâtres. Les tiges, cylindriques, peuvent atteindre cinquante centimètres à plus d'un mètre selon les conditions. L'inflorescence paraît insérée sur le côté de la tige, à quelques centimètres sous le sommet, parce que la bractée qui la surmonte se présente comme le prolongement direct de la tige. Les fleurs sont minuscules, à six tépales pointus, brun-rougeâtre à maturité, groupées en glomérules plus ou moins lâches selon l'espèce.
Dans la nature, la floraison de ces joncs s'étend de mai à juillet, les tiges et les infructescences restant visibles bien au-delà, souvent jusqu'en hiver.
Les joncs à tiges nues ont été utilisés de longue date pour le tressage, la confection de nattes, de paniers grossiers et de liens agricoles. La moelle de Juncus effusus, extraite des tiges, servait à fabriquer des mèches de lampes à huile dans les campagnes européennes jusqu'au début du vingtième siècle. Gilbert White décrit précisément cette pratique dans ses observations sur la vie rurale anglaise à la fin du dix-huitième siècle. En France, des usages similaires sont attestés dans de nombreuses régions, témoignant d'une exploitation courante de cette ressource végétale accessible partout où l'eau affleure.