Geum urbanum

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Geum urbanum — benoîte commune

Vivace appartenant à la famille des Rosacées, la benoîte commune est l'une des plantes les plus répandues d'Europe tempérée, présente de l'Atlantique à l'Oural et du sud de la Scandinavie au pourtour méditerranéen. En France, elle est commune dans la quasi-totalité des départements, sans lacune notable. Son nom d'espèce, urbanum, témoigne de son affinité marquée pour les milieux habités et perturbés, bien qu'elle soit tout autant une plante des sous-bois.

Autour de Luzarches, c'est l'une des vivaces herbacées les plus faciles à observer. Elle abonde dans les sous-bois frais et les lisières ombragées de la forêt de Chantilly, le long des chemins forestiers, dans les haies et les ourlets arbustifs, au bord de l'Ysieux et des ruisseaux affluents, ainsi qu'au pied des murs et des clôtures dans les villages. Elle supporte aussi bien une ombre dense qu'une lumière tamisée et s'accommode de sols variés pourvu qu'ils restent frais et un peu riches. Les photos de sous-bois illustrent bien sa tendance à former des peuplements denses dans ces milieux.

La plante forme une rosette basale persistante d'où s'élèvent des tiges florales dressées, ramifiées, de trente à soixante centimètres, parfois davantage dans les stations ombragées et fertiles. Les tiges sont vertes, poilues, et portent des feuilles caulinaires à trois folioles, nettement différentes des feuilles basales. Ces dernières sont pennées, interrompues, avec plusieurs paires de petites folioles inégales intercalées entre des folioles plus grandes, et une foliole terminale beaucoup plus développée, à trois lobes arrondis et fortement dentés. Ce contraste entre la grande foliole terminale et les petites folioles latérales est un trait distinctif commode. La surface des feuilles est d'un vert foncé, rugueuse au toucher, avec une nervation en relief bien visible sur les gros plans.

Les fleurs sont petites et modestes au regard de celles d'autres Rosacées. Les cinq pétales jaunes sont ovales, bien séparés les uns des autres et souvent légèrement inégaux, avec les sépales verts bien visibles dans les espaces entre eux. Le centre de la fleur montre un réceptacle bombé portant de nombreux carpelles verdâtres entourés d'étamines à anthères brunâtres. L'ensemble donne une fleur ouverte et simple, sans le brillant des boutons d'or ni la densité des fleurs de fraisier.

Le fruit est un akène surmonté d'un style persistant qui se recourbe en crochet à maturité. L'ensemble des akènes forme une petite tête hérissée brune, bien visible sur la première photo à gauche du cadre, qui s'accroche facilement aux poils des animaux et aux vêtements, assurant une dispersion efficace par zoochorie.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mai à septembre, avec une production continue de fleurs tout au long de l'été.

La racine de benoîte dégage, lorsqu'on la froisse ou la coupe, une odeur de clou de girofle due à la présence d'eugénol. Ce parfum était bien connu des herboristes médiévaux, qui employaient la racine pour aromatiser la bière et le vin, et la transmettaient comme remède contre les fièvres, les maux de dents et les affections des voies digestives. Ces usages sont attestés dans de nombreux textes de matière médicale européenne depuis le Moyen Âge et ont perduré dans les campagnes françaises jusqu'au début du vingtième siècle. La plante portait alors des noms vernaculaires variés évoquant cette odeur, comme racine de girofle ou herbe de saint Benoît, ce dernier nom étant à l'origine du terme benoîte.