Geranium robertianum

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Geranium robertianum

Geranium robertianum — herbe à Robert

Annuelle ou bisannuelle appartenant à la famille des Géraniacées, l'herbe à Robert est l'une des plantes sauvages les plus communes et les plus reconnaissables d'Europe tempérée, présente de l'Atlantique à l'Asie occidentale et de la Scandinavie méridionale au bassin méditerranéen. En France, elle est commune dans la quasi-totalité des départements, sans préférence marquée pour un type de sol particulier, pourvu que l'humidité et l'ombre soient au rendez-vous.

Autour de Luzarches, elle colonise une grande variété de milieux ombragés ou mi-ombragés. On la trouve au pied des murs et des vieilles maçonneries, dans les fissures de pierres et de pavés comme le montrent plusieurs photos, à la base des haies, en lisière de bois, sur les talus boisés et dans les sous-bois clairs. Elle s'installe volontiers dans les tas de bois, les éboulis calcaires et les bermes enherbées à l'ombre des arbres. Dans la forêt de Chantilly et ses abords, elle fait partie du cortège habituel des chemins forestiers et des clairières fraîches. Sa présence en milieu urbain et péri-urbain est tout aussi courante, sur les murs, les bordures de trottoirs et les jardins peu entretenus.

Le port varie sensiblement selon les conditions. Dans les stations ombragées et fraîches, la plante peut atteindre quarante à cinquante centimètres, avec des tiges dressées et ramifiées. Dans les milieux secs et exposés, elle reste souvent étalée et basse, comme on le voit sur la photo en milieu graveleux. Les tiges sont cylindriques, densément couvertes de poils étalés, et présentent une coloration rouge foncé à pourpre très caractéristique, particulièrement visible sur les pétioles et les entre-nœuds, ce qui est l'un des traits les plus distinctifs de l'espèce. Ce rouge peut envahir l'ensemble du feuillage à l'automne ou dans les stations stressées, donnant alors à la plante un aspect très coloré.

Les feuilles sont composées-pennées, découpées en trois à cinq folioles elles-mêmes profondément lobées et dentées, d'un vert vif à vert sombre selon l'ensoleillement, mollement pubescentes. La découpure du limbe est beaucoup plus profonde et finement détaillée que chez le géranium des Pyrénées, ce qui permet une distinction rapide entre les deux espèces même sans fleurs. Froissée, la plante dégage une odeur forte, musquée et un peu rance, reconnaissable entre toutes et caractéristique même aux mains après manipulation.

Les fleurs sont portées par deux à l'extrémité de pédoncules grêles. Les cinq pétales sont d'un rose vif à rose magenta, non échancrés au sommet contrairement à ceux du géranium des Pyrénées, avec des nervures longitudinales plus sombres bien visibles sur le gros plan. Les sépales sont étroits, mucronés, souvent rougeâtres. Les étamines portent des anthères orangées qui tranchent sur le rose des pétales. Les fruits ont la forme d'un bec allongé typique du genre, et les carpelles mûrs présentent une surface finement réticulée.

Dans la nature, sa floraison s'étend d'avril à octobre, avec des individus encore en fleur parfois jusqu'aux premières gelées.

L'herbe à Robert figure dans de nombreuses traditions herboristiques européennes. Elle était employée en usage externe sur les plaies, les ulcères et les irritations cutanées, et en usage interne pour des affections diverses, notamment les maux de gorge et certains troubles digestifs. Ces usages sont documentés dans les grandes compilations de matière médicale du Moyen Âge et de la Renaissance, et ont été transmis de génération en génération dans les campagnes françaises jusqu'au vingtième siècle. L'origine du nom Robert reste débattue, certains auteurs l'attribuant à saint Robert de Molesme, d'autres à l'herboriste médiéval Rupert, sans qu'une attribution définitive ne s'impose.