Galium verum
Galium verum — caille-lait jaune
Vivace appartenant à la famille des Rubiacées, le caille-lait jaune est l'une des espèces les plus répandues du genre en Europe, présente de l'Atlantique à l'Asie centrale, du sud de la Scandinavie au pourtour méditerranéen. En France, il est commun dans la quasi-totalité des régions, avec une nette préférence pour les sols calcaires bien drainés et les milieux ouverts ou semi-ouverts.
Autour de Luzarches, le caille-lait jaune est une plante familière des coteaux calcaires, des bords de chemins sur sol sec, des talus ensoleillés et des pelouses maigres. Il affectionne les ourlets herbeux en bordure de bois et les prairies non fertilisées, milieux encore présents dans le Pays de France. Les photos montrent la plante dans une végétation haute de bord de chemin ou d'ourlet, en compagnie de graminées et d'autres plantes de milieux ouverts frais à secs, ce qui correspond bien aux stations typiques observables à pied dans ce secteur.
Le port est dressé, entre trente et quatre-vingts centimètres, souvent un peu appuyé sur la végétation voisine. Les tiges sont grêles, quadrangulaires, finement pubescentes. Les feuilles sont très étroites, presque filiformes, à marge enroulée vers le dessous, d'un vert foncé et brillant sur la face supérieure, blanchâtre et tomenteuse en dessous, disposées en verticilles de huit à douze. Ce feuillage dense et fin donne à la plante une texture presque laineuse au toucher, très différente de celle du gaillet commun ou du gaillet blanc.
La masse florale est la caractéristique la plus frappante de cette espèce. Les fleurs sont jaune vif, minuscules, à quatre pétales, rassemblées en panicules terminales très fournies, denses et ramifiées, qui peuvent former des plumes jaunes d'or très lumineuses dans la végétation environnante. C'est le seul gaillet de nos régions à fleurs franchement jaunes, ce qui le rend immédiatement reconnaissable en pleine floraison. Les photos rendent bien compte de cet effet de masse, avec des grappes serrées où chaque fleur en étoile est bien individualisable au grossissement. Froissée, la plante dégage une odeur légèrement mielleuse.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à août.
Le nom de caille-lait renvoie à un usage pastoral ancien et bien documenté. Les parties aériennes de la plante étaient utilisées pour faire cailler le lait, en substitution ou en complément de la présure animale, notamment pour la fabrication de fromages. Cet usage est attesté dans plusieurs régions d'Europe et mentionné par de nombreux auteurs anciens, de Dioscoride aux herboristes de la Renaissance. La plante entrait également dans des préparations tinctoriales, les racines fournissant une teinture rouge et les parties aériennes une teinte jaune, selon des procédés documentés dans des traités d'économie rurale anciens.
En herboristerie traditionnelle, des infusions de sommités fleuries étaient employées pour leurs propriétés supposées diurétiques et pour certaines affections cutanées, usages transmis sur de nombreuses générations dans les campagnes d'Europe tempérée.