Fallopia sachalinensis
Fallopia sachalinensis — renouée de Sakhaline
Vivace à rhizomes puissants, appartenant à la famille des Polygonacées, la renouée de Sakhaline est originaire de l'île de Sakhaline et des régions voisines d'Asie du Nord-Est. Introduite en Europe au XIXe siècle dans les mêmes circonstances que la renouée du Japon, comme plante ornementale et fourragère, elle s'est naturalisée dans de nombreux pays mais demeure globalement moins répandue que sa proche parente. En France, elle est présente dans plusieurs régions, souvent en mélange avec Fallopia japonica ou sous forme de l'hybride entre les deux espèces, Fallopia × bohemica, qui complique fréquemment l'identification sur le terrain.
Dans le secteur de Luzarches, la renouée de Sakhaline occupe des milieux comparables à ceux de la renouée du Japon, principalement les bords de cours d'eau, les berges de l'Ysieux, les talus humides, les friches et les abords de zones boisées perturbées. Sa présence précise dans ce secteur mériterait confirmation par des relevés botaniques locaux, mais sa distribution régionale en Île-de-France la rend tout à fait probable dans ce type d'environnement.
Le premier trait qui frappe sur le terrain, c'est la taille. La renouée de Sakhaline est la plus grande des renouées invasives présentes en France, atteignant couramment trois à quatre mètres de hauteur, parfois davantage dans de bonnes conditions. Les tiges sont robustes, creuses, à entre-nœuds bien marqués, de couleur vert clair souvent teinté de rouge vers les nœuds, avec une surface légèrement glauque. Comparées à celles de Fallopia japonica, elles paraissent plus épaisses et plus vigoureuses, et leurs nœuds portent une gaine membraneuse caractéristique des Polygonacées.
Les feuilles constituent le critère distinctif le plus fiable. Elles sont très grandes, pouvant dépasser trente centimètres de long, ovales à cordiformes, avec une base profondément en cœur, nettement échancrée, ce qui contraste avec la base tronquée et presque carrée des feuilles de la renouée du Japon. La face supérieure est vert foncé, légèrement mate, et la face inférieure porte sur les nervures de petits poils courts et raides, bien perceptibles au toucher, détail utile pour distinguer les deux espèces lorsque les feuilles sont à portée de main. Le pétiole est long et souvent rougeâtre.
Les inflorescences se présentent en grappes dressées ou légèrement arquées, ramifiées, nettement plus compactes et plus érigées que celles de la renouée du Japon qui sont généralement plus retombantes. Les fleurs sont petites, blanc verdâtre, groupées en épis serrés qui donnent à la plante en fleur un aspect presque mousseux vu de loin. Les fruits sont de petits akènes trigones entourés des tépales persistants, mais la fructification fertile est peu fréquente en Europe pour les individus purement sachalinensis.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juillet à septembre.
La question de l'hybridation mérite une attention particulière sur le terrain. Fallopia × bohemica, l'hybride entre les deux renouées invasives, est souvent plus fréquent que les espèces parentes prises séparément. Il présente des caractères intermédiaires, notamment des feuilles de taille et de forme variables, une pubescence réduite sur la face inférieure, et des tiges de hauteur intermédiaire. En présence de populations mêlées ou de formes difficiles à attribuer avec certitude, la prudence s'impose et une détermination rigoureuse nécessite l'examen attentif de plusieurs caractères combinés.
Comme pour la renouée du Japon, les jeunes pousses printanières de la renouée de Sakhaline ont été consommées dans des traditions culinaires asiatiques. La plante a également été cultivée en Europe comme fourrage pour le bétail, usage qui a contribué à sa dispersion initiale hors des jardins botaniques où elle avait d'abord été introduite.