Fallopia japonica
Fallopia japonica — renouée du Japon
Vivace à rhizomes, appartenant à la famille des Polygonacées, la renouée du Japon est originaire d'Asie orientale, principalement du Japon, de Chine et de Corée. Introduite en Europe au cours du XIXe siècle comme plante ornementale et fourragère, elle s'est répandue dans la quasi-totalité du continent et figure aujourd'hui parmi les espèces exotiques envahissantes les plus documentées. En France, elle est présente dans presque tous les départements, avec une forte concentration le long des cours d'eau et dans les zones périurbaines.
Aux abords de Luzarches, on la rencontre principalement sur les berges de l'Ysieux et de ses affluents, où elle forme des peuplements denses qui peuvent s'étendre sur plusieurs dizaines de mètres. Elle colonise également les bords de chemins, les talus routiers, les friches humides et les lisières perturbées. Sa présence est signalée de façon récurrente dans les fonds de vallée du Vexin méridional et du Pays de France, secteurs que l'on retrouve dans l'environnement proche de Luzarches.
Le port est spectaculaire et immédiatement reconnaissable. Les tiges dressées, creuses, nettement articulées et maculées de taches rougeâtres ou brunes, évoquent à s'y méprendre un bambou géant. Elles atteignent couramment deux à trois mètres de hauteur en une seule saison de végétation. Les entre-nœuds sont longs, les nœuds bien marqués, entourés d'une gaine membraneuse brune caractéristique des Polygonacées. En hiver, les tiges mortes persistent debout, sèches et creuses, reconnaissables à leurs articulations et à leur couleur fauve.
Les feuilles sont grandes, ovales à légèrement triangulaires, avec une base tronquée presque à angle droit, ce qui leur donne une silhouette très particulière. Elles peuvent dépasser quinze centimètres de long. La face supérieure est vert vif, lisse et brillante chez les jeunes feuilles, plus mate ensuite. La face inférieure est plus pâle, avec des nervures saillantes bien visibles. Le pétiole est souvent rougeâtre, surtout sur les jeunes pousses printanières.
Les fleurs sont petites, blanc crème à légèrement rosées, regroupées en longues grappes retombantes et ramifiées qui naissent à l'aisselle des feuilles supérieures. Chaque fleur individuelle, minuscule, comporte cinq tépales. Les grappes en fleur donnent à la plante un aspect aérien et presque gracieux, en contraste avec la vigueur massive de l'ensemble. Les fruits sont de petits akènes trigones enveloppés par les tépales persistants et membraneux, blanchâtres à maturité, qui permettent une dissémination par le vent et par l'eau.
Dans la nature, sa floraison s'étend de août à octobre.
Un détail écologique mérite attention. La quasi-totalité des individus présents en Europe seraient issus d'un seul clone femelle introduit au XIXe siècle, ce qui signifie que la reproduction par graines viable est rare en dehors de croisements avec des espèces voisines comme Fallopia sachalinensis. La propagation se fait presque exclusivement par les rhizomes, qui peuvent atteindre plusieurs mètres de profondeur et de longueur, et dont le moindre fragment est capable de régénérer une plante entière. Cette biologie explique à la fois la difficulté de son élimination et la vitesse à laquelle un foyer peut s'étendre après un remblaiement ou des travaux de terrassement.
En médecine traditionnelle japonaise et chinoise, les rhizomes et les jeunes pousses étaient utilisés depuis longtemps dans des préparations destinées à traiter diverses affections. Les jeunes tiges récoltées au printemps, avant que les feuilles ne soient pleinement développées, ont également été consommées comme légume dans ces mêmes traditions, préparées à la manière de la rhubarbe en raison de leur saveur acidulée. Ces usages témoignent d'une connaissance ancienne et approfondie de la plante dans ses régions d'origine, très différente de la perception essentiellement problématique qu'on en a en Europe.