Eryngium campestre
Eryngium campestre — panicaut des champs, chardon roulant
Vivace appartenant à la famille des Apiacées, le panicaut des champs est une plante des régions tempérées d'Europe centrale et méridionale, présente du bassin méditerranéen jusqu'en Europe centrale et en Asie occidentale. En France, il est commun dans les deux tiers sud du pays et remonte assez loin vers le nord, atteignant le Bassin parisien où il reste présent mais plus localisé qu'en région méditerranéenne. En Île-de-France, il est signalé sur les coteaux calcaires secs et les pelouses bien exposées, notamment dans les vallées de la Seine, de l'Oise et leurs affluents.
Autour de Luzarches, le panicaut est à chercher sur les coteaux calcaires ensoleillés, les bords de chemins agricoles sur sol sec et pauvre, et les pelouses rases non fauchées exposées au sud. La quatrième photographie, qui montre la plante en compagnie d'un origan en fleur dans un contexte de pelouse calcaire ouverte, est tout à fait représentative des associations végétales que l'on peut rencontrer sur les versants exposés de ce secteur du Val-d'Oise. La cinquième photographie, montrant un grand individu ramifié dans une prairie fleurie en lumière rasante du soir, illustre le potentiel de développement de l'espèce dans les friches et les bords de champs non entretenus.
La plante est immédiatement reconnaissable à son port architectural et à sa couleur. Elle forme d'abord une rosette de feuilles basales coriaces, glauques, d'un vert bleuté à gris argenté, profondément découpées en lobes épineux qui rappellent un houx particulièrement redoutable. Ces feuilles, bien visibles sur la troisième photographie, sont parcourues de nervures blanchâtres très marquées qui accentuent l'aspect métallique et rigide de l'ensemble. La tige florale, robuste, se ramifie abondamment pour atteindre trente à soixante centimètres, parfois davantage, et se couvre progressivement d'un blanchiment glauque caractéristique. Chaque ramification se termine par une capitule globuleuse d'un centimètre environ, entourée de bractées lancéolées épineuses très rigides, donnant à l'inflorescence cet aspect hérissé si particulier. Les fleurs elles-mêmes sont minuscules, blanc verdâtre, serrées dans ces petites têtes rondes qui parsèment la plante par dizaines sur les individus bien développés.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juillet à septembre.
Le nom de chardon roulant évoque un comportement observé à l'automne dans les régions venteuses et sèches. Lorsque la plante est desséchée, la tige peut se casser à la base et la plante entière, devenue légère et rigide, roule sous l'effet du vent en dispersant ses graines au fil du parcours. Ce mode de dispersion, appelé anémochorie par roulement, est rare dans notre flore et associe le panicaut à une image de steppe et de grands espaces ouverts que les paysages du Bassin parisien évoquent parfois en été.
Les racines charnues du panicaut étaient autrefois consommées et réputées nourrissantes. On les récoltait au printemps avant la montée en tige, et elles entraient dans des préparations destinées à fortifier les convalescents et à traiter les affections des voies urinaires et respiratoires. Ces usages sont attestés dans plusieurs herbiers anciens français et dans la tradition populaire des régions calcaires du centre de la France.