Erodium cicutarium

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Erodium cicutarium — bec-de-grue, érodium à feuilles de ciguë

Annuelle ou bisannuelle appartenant à la famille des Géraniacées, le bec-de-grue est l'une des plantes messicoles et rudérales les plus communes d'Europe, présente du bassin méditerranéen jusqu'en Scandinavie et introduite sur tous les continents. En France, elle est signalée partout, avec une préférence pour les sols légers, sableux ou limoneux, bien drainés et souvent perturbés. En Île-de-France, elle est extrêmement commune et s'observe dans une grande variété de milieux ouverts.

Aux alentours de Luzarches, le bec-de-grue est une présence quasi permanente sur les bords de chemins, les talus ensoleillés, les terres remuées, les pelouses rases sur sable ou limon, et les marges des cultures. Les photographies montrent des plantes poussant sur sol nu limoneux et sableux très découvert, milieu tout à fait représentatif des coteaux et des abords de chemins agricoles que l'on rencontre fréquemment dans ce secteur du Val-d'Oise. Elle apprécie particulièrement les endroits où la végétation est peu concurrente et le sol récemment travaillé ou érodé.

La plante adopte un port très variable selon les conditions, tantôt presque couchée et étalée en rosette lâche sur le sol, tantôt un peu plus dressée, avec des tiges atteignant rarement plus de trente à quarante centimètres dans les stations favorables, souvent bien moins. L'ensemble de la plante est couvert de poils fins et glanduleux qui lui donnent un aspect légèrement velouté et collant au toucher. Les feuilles sont pennatiséquées, découpées en nombreuses folioles elles-mêmes profondément incisées, donnant un feuillage très finement découpé qui évoque à s'y méprendre celui d'une petite carotte ou d'une plante ombellifère, ce que rappelle d'ailleurs le nom cicutarium, par analogie avec la ciguë. Cette ressemblance foliaire est l'un des premiers repères à noter sur le terrain, même en l'absence de fleurs.

Les fleurs sont réunies en ombelles de deux à huit, portées par de longs pédoncules grêles et rougeâtres. Chaque fleur compte cinq pétales rose lilas à rose pourpré, d'aspect légèrement soyeux, avec sur les deux pétales supérieurs une petite tache foncée à nervures violacées bien visible, détail remarquable rendu avec netteté sur plusieurs photographies. Les étamines fertiles, au nombre de cinq, portent des anthères orange vif qui contrastent agréablement avec le rose des pétales. Après la floraison, le fruit est l'élément le plus spectaculaire et le plus caractéristique du genre. Il est formé de cinq akènes soudés à la base d'un long bec filiforme pouvant atteindre trois à quatre centimètres, qui donne à l'ensemble une silhouette évoquant le bec d'un échassier, d'où le nom vernaculaire. À maturité, ce bec se tord en spirale et se détache en se vrillant, mécanisme qui enfonce mécaniquement la graine dans le sol par hygroscopie, les mouvements de la queue spiralée variant avec l'humidité ambiante. Les fruits en cours de formation sont bien visibles sur plusieurs photographies, dressés en faisceaux au-dessus du feuillage.

Dans la nature, sa floraison s'étend de mars à octobre, avec un pic au printemps et une reprise possible en automne sur les individus bisannuels.

Ce mécanisme de dispersion autochore par vrillage hygroscopique a longtemps fasciné les observateurs. Les bergers observaient que les akènes se fichaient dans la laine des moutons et pouvaient provoquer des irritations cutanées, ce qui en faisait une plante surveillée dans les troupeaux. La plante était par ailleurs récoltée comme fourrage vert apprécié des lapins et des petits animaux domestiques dans les campagnes françaises, et figurait dans certains herbiers populaires comme vulnéraire léger applicable sur les petites plaies.