Cymbalaria muralis

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Cymbalaria muralis — cymbalaire des murs, ruine-de-Rome

Vivace de la famille des Plantaginacées, la cymbalaire des murs est originaire d'Italie et de la péninsule balkanique. Introduite dans le reste de l'Europe dès le seizième ou le dix-septième siècle, vraisemblablement comme plante ornementale, elle s'est naturalisée partout et figure aujourd'hui parmi les espèces les plus familières des vieux murs de pierre en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et dans une grande partie de l'Europe centrale et occidentale.

Autour de Luzarches, elle colonise les murs anciens en pierre calcaire, les murets de clôture, les joints des maçonneries exposées au nord ou à mi-ombre, les soubassements d'église et les vieux murs de jardin. Elle préfère les faces légèrement ombragées et fraîches, où l'humidité se maintient dans les interstices, et supporte assez bien les expositions plus lumineuses tant que le substrat reste un minimum frais. Les photographies illustrent parfaitement cet habitat, avec des tiges retombantes couvrant de larges surfaces de murs en calcaire grossier.

Les tiges sont filiformes, rampantes ou retombantes, souvent teintées de rouge-violet, et peuvent atteindre plusieurs dizaines de centimètres en s'étendant sur la pierre. Les feuilles sont alternes, longuement pétiolées, à limbe arrondi et palmatilobé avec cinq à sept lobes arrondis, d'un vert brillant sur la face supérieure, souvent violacé en dessous, ce qui leur donne un aspect proche d'une petite feuille de lierre ou de vigne en miniature.

Les fleurs sont solitaires, portées par de fins pédoncules axillaires. La corolle est bilabiée, de type muflier en très petit format, environ un centimètre de long. La lèvre supérieure porte deux lobes lilas à violet pâle, la lèvre inférieure trois lobes blancs marqués d'une tache jaune vif au centre, formant le palais qui ferme partiellement l'entrée de la fleur. Un éperon court prolonge la corolle vers l'arrière. Sur les photographies, certains individus montrent des fleurs presque entièrement blanches, une variation fréquente qui n'est pas rare dans les populations naturalisées.

Dans la nature, sa floraison s'étend d'avril à octobre, parfois plus tôt en situation abritée et ensoleillée.

La cymbalaire possède un comportement remarquable après la fécondation. Le pédoncule floral, d'abord dressé vers la lumière pour faciliter la pollinisation, se recourbe activement après la fécondation et dirige la capsule en formation vers les anfractuosités sombres du mur, où elle se loge dans les joints et dépose ses graines. Ce géotropisme post-floral, qualifié parfois de comportement de semis actif, est l'une des adaptations les plus élégantes observées chez les plantes des milieux rupestres. Il explique en partie la capacité de l'espèce à coloniser progressivement des murs entiers à partir d'un seul pied.