Cruciata laevipes
Cruciata laevipes — gaillet croisette
Vivace de la famille des Rubiacées, le gaillet croisette est répandu dans toute l'Europe tempérée, de l'Atlantique à l'Asie occidentale. En France, il est commun dans la moitié nord et dans les régions de plaine et de collines, plus rare vers le sud méditerranéen. Il appartient au même groupe que les gaillets, dont il partage l'architecture générale à feuilles verticillées, mais s'en distingue nettement par plusieurs caractères.
Autour de Luzarches, il fréquente les prairies fraîches, les bords de chemins herbeux, les lisières de haies et les talus un peu ombragés sur sols modérément humides et riches en bases. Les bords de l'Ysieux et les prairies humides environnantes lui conviennent bien, tout comme les lisières herbeuses en bordure de la forêt de Chantilly. Les photographies montrent des populations denses et homogènes dans une prairie mésophile, ce qui correspond à son comportement habituel lorsque les conditions lui sont favorables.
La tige est dressée, quadrangulaire, nettement velue, couverte de poils mous et étalés bien visibles à l'œil nu, ce qui la distingue immédiatement de la plupart des gaillets à tiges glabres ou à poils crochus. Les feuilles sont groupées par quatre à chaque nœud, en verticilles réguliers qui donnent à la plante un aspect très ordonné en croix, d'où le nom de croisette. Chaque feuille est ovale-elliptique, à nervure centrale visible, de couleur vert tendre, et porte également des poils sur les deux faces. La hauteur oscille généralement entre vingt et quarante centimètres.
Les fleurs sont minuscules, à quatre pétales soudés à la base, d'un jaune verdâtre pâle, regroupées en petits glomérules axillaires serrés à l'aisselle de chaque verticille foliaire. L'effet d'ensemble sur une tige en fleurs est celui d'une succession d'étages réguliers de petits bouquets jaunes encadrés par les feuilles, visible sur les photographies avec une grande netteté. Les fleurs dégagent une odeur douce et mielleuse, perceptible en se penchant sur une touffe en pleine floraison.
Dans la nature, sa floraison s'étend d'avril à juin, parfois jusqu'en juillet selon les années.
Comme d'autres Rubiacées, la plante contient de la coumarine, molécule aromatique responsable de l'odeur de foin coupé que dégagent les tiges froissées ou séchées. Cette odeur était autrefois utilisée pour parfumer le linge ou repousser les insectes. La plante était aussi employée en médecine populaire dans certaines régions pour des usages diurétiques ou cicatrisants, mais ces emplois ne sont pas documentés avec une précision suffisante pour être détaillés ici.