Cardamine hirsuta
Commune dans toute l'Europe, cette petite crucifère est l'une des adventices les plus répandues des jardins, des cultures maraîchères et des sols remués. Elle colonise volontiers les substrats meubles, frais et relativement riches, et supporte aussi bien le plein soleil qu'une ombre légère. Sa plasticité écologique en fait une compagne quasi universelle du jardinage et de l'agriculture.
Autour de Luzarches, on la rencontre sans difficulté en bord de cultures, sur les terres labourées, les chemins piétinés, les talus remaniés et les jardins. Elle pousse également en lisière des bois sur sol frais, et apparaît volontiers au pied des haies ou sur les berges remuées de l'Ysieux. La photographie, qui montre la plante sur un sol nu et meuble, illustre parfaitement son habitat de prédilection.
La rosette basale est la partie la plus visible et la plus reconnaissable. Les feuilles qui la composent sont pennatiséquées, avec des folioles arrondies à réniformes, légèrement poilues sur les deux faces, d'un vert mat un peu terne. La foliole terminale est nettement plus grande que les latérales. De cette rosette s'élèvent une ou plusieurs tiges grêles, dressées ou étalées, peu feuillées, portant de minuscules fleurs blanches à quatre pétales, si petites qu'on les remarque à peine au premier coup d'œil. La hauteur dépasse rarement vingt à trente centimètres, et la plante reste souvent bien plus basse.
Un détail important pour ne pas la confondre avec Cardamine flexuosa, espèce très proche des milieux plus ombragés et humides : la cardamine hérissée ne porte généralement que quatre étamines, alors que sa cousine en possède six. Ce caractère, visible à la loupe sur une fleur fraîche, est l'un des critères les plus fiables pour trancher entre les deux espèces, dont les rosettes peuvent se ressembler beaucoup.
Les siliques, longues et étroites, se dressent parallèlement à la tige et s'ouvrent à maturité avec une certaine brusquerie, projetant les graines à quelque distance. Ce mécanisme de dissémination par déhiscence élastique explique en partie la capacité de la plante à recoloniser rapidement un sol travaillé.
Dans la nature, sa floraison s'étend de février à mai, parfois dès janvier lors des hivers doux, ce qui en fait l'une des premières plantes à fleurir dans l'année.
Ses feuilles et ses jeunes pousses ont une saveur légèrement piquante, proche du cresson, et sont comestibles en salade. Cet usage, modeste mais réel, est attesté dans plusieurs traditions populaires européennes. Elle reste cependant trop petite et trop dispersée pour constituer une ressource alimentaire notable.