Calystegia sepium

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Calystegia sepium — liseron des haies

Vivace de la famille des Convolvulacées, le liseron des haies est commun dans toute l'Europe tempérée et présent sur l'ensemble du territoire français, des plaines alluviales aux vallées bocagères. Il est particulièrement abondant en Île-de-France, où les milieux humides et les zones d'ourlet favorisent son développement.

Autour de Luzarches, on le rencontre sans difficulté le long de l'Ysieux et de ses berges buissonnantes, dans les roselières et les mégaphorbiaies qui bordent les zones humides, en lisière des boisements alluviaux, et le long des haies qui délimitent prairies et cultures. Les fossés à végétation dense, les bords de chemins ombragés et les friches un peu fraîches lui conviennent tout aussi bien. Il monte volontiers à l'assaut des ronciers, des orties et des saules arbustifs, formant parfois des nappes épaisses qui recouvrent intégralement la végétation de support.

La tige est volubile, grimpante ou rampante selon les supports disponibles, pouvant atteindre deux à trois mètres en une saison. Elle s'enroule toujours dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Les feuilles sont sagittées, en forme de fer de flèche, avec deux lobes basaux bien marqués à angle droit ou légèrement divergents ; leur texture est souple, d'un vert sombre sur le dessus. Sur le terrain, cette forme de feuille est l'un des premiers critères à noter pour distinguer le liseron des haies du liseron des champs (Convolvulus arvensis), dont les feuilles sont nettement plus petites et les lobes basaux orientés différemment.

La fleur est l'élément le plus spectaculaire de la plante : un grand entonnoir blanc pur, parfois très légèrement teinté de rose selon les individus, pouvant atteindre six à huit centimètres de diamètre. Elle est solitaire à l'aisselle des feuilles, portée par un pédoncule anguleux. Ce qui permet de distinguer immédiatement Calystegia sepium de ses proches parents, c'est la présence de deux grandes bractées foliacées, larges et ovales, qui enveloppent complètement le calice à la base de la fleur et le dissimulent entièrement — détail bien visible sur les photos et caractère diagnostique essentiel. Chez le liseron des champs, ces bractées sont minuscules et insérées loin du calice sur le pédoncule. La corolle s'ouvre tôt le matin et se referme en fin de journée ou par temps couvert, ce qui lui vaut d'être parfois moins visible en milieu de journée nuageux.

Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à septembre.

Le liseron des haies se reproduit activement par ses rhizomes blanchâtres et cassants qui s'enfoncent profondément dans le sol, ce qui le rend très difficile à déraciner une fois installé dans un jardin ou une culture. Chaque fragment de rhizome laissé en terre est capable de régénérer une nouvelle plante. Cette stratégie de multiplication végétative est probablement plus efficace que la reproduction par graines dans la plupart des situations, même si la plante fructifie régulièrement. Les fleurs, dépourvues de nectar selon plusieurs sources botaniques — bien que ce point mérite vérification —, sont néanmoins visitées par certains bourdons capables de forcer l'accès à la base de la corolle. Le sphinx du liseron (Herse convolvuli), grand papillon nocturne migrateur, utilise les liserons comme plante hôte pour ses chenilles, mais sa présence en Île-de-France reste irrégulière et dépend des années de migration.

Une confusion est possible avec Calystegia silvatica, le liseron des forêts, espèce introduite d'origine méditerranéenne aujourd'hui naturalisée en région parisienne, dont les fleurs sont encore plus grandes et les bractées gonflées-vésiculeuses se chevauchant nettement à la base. Sa présence dans le secteur de Luzarches est possible mais demanderait à être confirmée par des observations locales récentes.