Vivace de la famille des Gesnériacées, endémique des Balkans, principalement des monts Rhodopes en Bulgarie et du nord de la Grèce, où elle colonise les parois rocheuses ombragées, les fissures de falaises calcaires ou siliceuses et les surplombs humides, entre 500 et 1 800 mètres d'altitude.
Elle forme des rosettes plates et étalées, persistantes, de 10 à 20 cm de diamètre, sans tige apparente. Les feuilles sont ovales à obovales, crénelées, épaisses et charnues, d'un vert foncé brillant sur la face supérieure, couvertes de poils courts qui leur donnent une texture légèrement veloutée au toucher.
Les fleurs, portées par des hampes de 10 à 15 cm, sont tubulaires et légèrement bilabiées, d'un lilas à violet pâle avec la gorge blanchâtre finement maculée. Elles rappellent de petites fleurs de streptocarpus, ce qui n'est pas surprenant compte tenu de la parenté botanique. Dans son milieu naturel, sa floraison s'étend d'avril à juin ; en culture, elle intervient généralement en avril-mai.
Haberlea rhodopensis possède une résistance à la dessiccation remarquable : ses feuilles peuvent se déshydrater presque complètement et reprendre leur aspect normal après réhydratation, une propriété rare parmi les plantes vasculaires que les botanistes qualifient de resurrection plant.
En culture, elle exige une exposition ombragée à mi-ombragée, un substrat bien drainé mais frais, légèrement acide à neutre. Elle se cultive idéalement en fissure de mur ombragé, en auge ou en pot, à l'abri de l'humidité hivernale stagnante.