Vivace de la famille des Gentianacées, la gentiane de printemps est répandue à travers les montagnes d'Europe, de l'Atlantique jusqu'au Caucase et à l'Asie centrale, avec des populations isolées dans les îles Britanniques et les Apennins. Elle occupe les pelouses calcaires rases, les prairies alpines et subalpines, les rocailles ensoleillées et les pâturages maigres, généralement entre 1 000 et 2 800 mètres, plus rarement en plaine sur substrats calcaires.
Elle forme de petites rosettes basales très compactes, de 5 à 10 cm de hauteur en fleur, constituant parfois de larges tapis denses sur les pelouses pâturées. Les feuilles sont ovales-lancéolées, rigides, d'un vert moyen légèrement lustré, disposées en rosette serrée.
La fleur, solitaire et dressée sur une courte tige, est d'un bleu azur d'une pureté et d'une intensité rarement égalées dans la flore européenne. La corolle s'ouvre en étoile à cinq lobes bien étalés, avec des plis blancs entre les lobes qui ajoutent à la netteté du dessin floral. La gorge est blanche. C'est ce bleu céruléen absolu, presque irréel dans la lumière alpestre, qui a fait de cette espèce l'un des symboles les plus célébrés de la flore de montagne.
Dans son milieu naturel, sa floraison s'étend de mars à juin selon l'altitude et l'enneigement. En culture, elle fleurit d'avril à mai.
Elle exige en culture un sol calcaire, très bien drainé, maigre et humifère, en plein soleil ; elle supporte mal les terres riches ou lourdes et la stagnation hivernale. Réputée délicate à établir, elle récompense la patience par une floraison d'une beauté sans égale au jardin de rocaille.