Arbuste à feuilles persistantes de la famille des éricacées, la bruyère vagabonde présente une aire de répartition naturelle remarquablement restreinte en Europe : elle est essentiellement cantonnée aux landes du Pays basque franco-espagnol, de Cornouailles en Grande-Bretagne, et de quelques stations isolées en Irlande et en Italie. Elle occupe les landes ouvertes, les pelouses acidiclines à neutro-basiques, parfois sur serpentine ou sur sols relativement peu acides, ce qui la distingue de la plupart de ses congénères strictement calcifuges.
Elle forme un sous-arbrisseau étalé à semi-dressé, de 30 à 80 cm, aux rameaux fins et très feuillés. Les feuilles linéaires, verticillées par quatre ou cinq, sont d'un vert vif et luisant. Les fleurs, petites et en urne courte, sont d'un rose très pâle à lilas rosé, avec des étamines brun-rouge sombre nettement saillantes hors de la corolle, ce qui leur donne un aspect particulièrement détaillé et délicat observé de près. Elles sont disposées en grappes latérales allongées sur les rameaux de l'année.
Dans son milieu naturel, sa floraison s'étend de juillet à octobre. En culture, elle intervient sensiblement aux mêmes dates, prolongeant ainsi l'intérêt des landes et rocailles à une période où peu d'autres bruyères sont encore en fleur.
Plus tolérante que ses congénères vis-à-vis du pH du sol, elle accepte des terres légèrement moins acides, bien drainées, en plein soleil. Rustique jusqu'à environ -15°C, elle se taille légèrement après floraison pour conserver de la densité.